Crise de l’Etat ou Crise dans l Etat?

« Where Justice is denied, where poverty is enforced, where ignorance prevails and where anyone else is made to feel that society is an organized conspiracy to oppress,rob and degrade them,neither person nor property will be safe, » Frédérick Douglas

De l’Etat et du modèle social français : Dissensions,Réformes,Crises

Le compte à rebours déclenché?

 L’État français se prévaut d’être le chantre d’un nouvel ordre mondial. La patrie de De Gaule voudrait prendre le devant de la scène pour montrer l’exemple aux autres nations du monde. La France est partie prenante pour une série de reformes sur le plan économique,social, politique,judiciaire voire scientifique. L’ensemble de ses mesures qu’elle qualifie de majeures pour la société française et la bonne gestion des ressources et de la richesse du pays ambitionne d’apporter à la France le développement économique, le bien etre social, la compétitivité sur tous les plans sociaux, scientifiques et stratégiques. Mais ce que l’on constate sur le terrain ce que la réalité semble bien être d’une toute autre nature. L’ensemble des reformes en cours est en passe d’ébranler les valeurs ancestrales auxquelles les français ont toujours tenu à maintenir. Les Grâces,les bienfaits sociaux de l’État-providence se font de plus en plus rares. La crise actuelle enfonce le clou et fait craindre le spectre d’une « américanisation » de la France, une américanisation à la fois des mœurs mais aussi de la mentalité et du train de vie des individus ainsi que des institutions de la République. C’est bien la disparition de l’exception française qui semble se profiler à l’horizon. Comment en est on arrivé à ce stade ? Pourquoi de plus en plus de français ne se reconnaissent plus dans le modèle étatique tel que prôné par les administrations ? Que faut il comprendre des sondages qui ne cessent de décrédibiliser les administrations publiques et rendre les français plus que jamais désolidarisés du régime actuel et son mode de gestion du pays ? En d’autres termes, en quoi consiste le malaise social en France faisant craindre le spectre d’une transformation de l’État-Providence en France à l’État-Gendarme. Aussi, pour apporter notre part de réflexions à ce sujet, nous nous pencherons sur les grands chantiers en cours qui font craindre le pire aux habitants de la France et nous déterminerons pourquoi le désamour croissant entre la France et ses Enfants semble se prolonger inexorablement. De L’État et de ses Réformes Bien d’observateurs avisés de la scène politique française ne manqueraient certainement pas de souligner l’atmosphère tendu qui règne sur l’Hexagone. Pour certains, la France est en passe d’une « révolution sociale » ou du moins d’un semblant de révolution. A ce stade, rien n’indique un tel phénomène même s’il faut raison gardée. Tout comme la Révolution Française de 1789 qui a chamboulé l’histoire de la France, le spectre d’une « Révolution » similaire visant à établir un nouvel ordre social relèverait tout simplement du burlesque pour ne pas dire du ridicule. Et c’est faire preuve d’exagérations que dire que la révolution serait imminente en France. Il n’empêche que le pays connaît un certain nombre d’évènements qui si l’on ne prend garde risque de le faire basculer aux calendes grecs, à une époque au cours de laquelle l’État français s’illustrait dans ses dérives politiques,économiques ,hégémoniques et sociaux. Certains indicateurs sociaux et certaines reformes mal adaptées ou appropriées et dont les français ne semblent manifestement prêts à s’y faire actuellement font craindre l’ « explosion sociale».Pour beaucoup, ces reformes en cours dont nous détaillerons ultérieurement le contenu risquent d’engendrer un grand malaise social sans précédent dans l’histoire de la France, la crise socio-économique actuelle aidant. Ces reformes que d’aucuns qualifient de disproportionnées voire inadéquates font l’objet de débats houleux dans des journaux et sur des plateaux télévisés. Mais au final, qu’est ce donc ces reformes tant décriées ? Une série de reformes a été entreprise par l’administration actuelle pour faire changer les mentalités en France et faire avancer et progresser le pays sur tous plans possibles et de surcroit dans l’intérêt de la France et des français eux-mêmes selon le point de vue des partisans farouches des reformes en cours. Ces reformes en cours vont de l’immigration choisie ou sélective, en passant par celles des institutions de la République, de l’école et de l’université (l’éducation),de la santé, de la décentralisation du pouvoir et des nouveaux prérogatives octroyés aux préfets,bref du service public en général ainsi que de la Justice. L’éducation et la Justice semblent bien être les deux grands axes majeurs de la reforme après la politique de reforme envisagée pour l’économie. Pour ce qui est de la Justice, la suppression du Juge d’instruction constitue un sans précédent dans l’histoire judiciaire de la cinquième République. Elle fait la part belle à ce qui soutenait une « américanisation » de la justice française dans laquelle les délibérés du tribunal et les verdicts sont laissés à l’appréciation du Jury en présence en lieu et place du législateur judiciaire et la disparition de la fonction du juge d’instruction fait craindre le spectre d’une bataille rangée entre avocats de la partie civile et de la défense dans laquelle seule l’habileté à convaincre et à prouver l’innocence ou la culpabilité des justiciables serait déterminant. Pour ce qui est de l’éducation, les mesures en cours pour supprimer les postes d’enseignants à contrat indéterminé pour les remplacer par des contractuels ou des enseignants vacataires à contrat à durée souvent déterminée,la mise sous tutelle et les contraintes de la formation des enseignant-chercheurs, et enfin les mesures disproportionnées à l’égard des écoles primaires et secondaires visant à faire des maitres et maitresses à la fois des « nounous » et éducateurs en lieu et place des parents n’ayant pas les moyens de s’en occuper et la fouille systématique et le magnétisme des portails d’entrée dans la détection des métaux à usage dangereux achèvent de convaincre les plus sceptiques que la France perd ses repères d’antan tant prisés. Mais ce qui serait le plus à craindre est le social et l’économique. La reforme de la sécurité sociale, de la santé,et l’économie en rajoutent à l’angoisse déjà perceptible chez les sujets français. La situation économique assez grave( le pays traverse une récession économique significative) comme d’ailleurs la plupart des économies en Europe,la montée en puissance du chômage,la délocalisation des entreprises, les paradis fiscaux échappant à toute régulation creusant le fossé entre riches épargnant à l’étranger et les autres notablement les classes moyennes ou pauvres. A celà,il faudrait ajouter la situation dramatique des agriculteurs et éleveurs qui s’enfoncent de jour en jour dans la précarité totale incapables de faire face aux dépenses croissantes de l’entretien de la production agricole ou pastorale..Et enfin, la reforme du code de la route qui fait craindre le basculement vers la répression systématique ou pénale en cas d’infractions aussi mineures soient elles en lieu et place des campagnes de sensibilisation et d’éducation au code de la route et la « malmène » des groupes sociaux étiquetés ou ciblés par les agents de la police et de la sécurité intérieure notamment les jeunes qui craignent que la moindre appartenance à un groupe de jeunes potentiellement seulement violents ne les font trainer en justice pour appartenances à un groupe violent causant des troubles sur la place publique. L’on en vient à appliquer et condamner voire à déferrer des ados devant les tribunaux d’adultes pour des faits qui relèvent purement de la compétence de la Justice juvénile ou infantile. Par ailleurs, en matière de politique étrangère, la France revoit ses positionnements stratégiques en Afrique fermant les bases militaires nécessaires,revoyant les traités négociés sous le régime du paternalisme et de la Françafrique,ce qui fait dire à certains que l’administration actuelle semble perdre de vue les enjeux économiques,géostratégiques sur le terrain. Mais face à toutes ces situations, les français ont-ils vraiment d’autres choix ? Quelles autres options reste il ? Dissensions et Défiances populaires L’on se défait difficilement de ses vieilles habitudes. Ce à quoi les français étaient habitués et auxquels ils semblent encore tenir risquent de ne plus être à leur portée désormais. La crise aidant, c’est tout un processus qui est en train de se mettre en place bravant les sacro-saints principes des anciennes républiques et institutions et qui vise à modifier les fondements ainsi que les bases de la société tout court. La Reforme des administrations actuelles visent à jeter les bases d’un nouveau « Contrat Social » entre les tenants du pouvoir notamment financier et les salariés, entre l’État et la nation. Il s’agirait d’apporter un certain nombre de changements aux attributions et fonctions régaliennes qui étaient en cours sur le territoire français. L’on estime que tous ces changements brusques sont et demeurent une nécessité absolue. Et il faut le dire, le Président de la République,avec son parti UMP et avec l’appui d’une partie de la société française n’est pas prêt à céder d’un pouce. Il a un calendrier et un mandat à respecter. Il a fait des promesses à ses compatriotes qu’il se doit de tenir et d’honorer. Il a martelé que rien ne serait comme avant,ce qui il y a quelques années bien de français en étaient convaincus. Et véritablement, rien ne semble en effet plus comme avant. Ironie du sort ou pas, la précarité gagne du terrain en France, la dislocation familiale prend de l’ampleur, les jeunes en sont au chômage sans perspective d’avenir à la merci de boulots précaires à contrat déterminé, pire la répression semble être le lot des anti-reformistes contre lesquels toute une batterie d’agents de sécurité délimite les champs d’action. Les revendications sociales semblent lettre morte si elles ne reçoivent pas une fin de non recevoir ;Bref, rien ne semble aller en France et que dire de la présidence actuelle ? Dur dur d’être chef d’État en pareille circonstance surtout que la moindre décision maladroite risque d’avoir un impact grave sur une marge de la société. Et des décisions et promesses, çà n’en finit pas justement sans réalisation concrète. On pense que le bout du tunnel est encore loin, même très loin. En conclusion, s’il faut reconnaître à l’État les efforts substantiels qu’il met en œuvre pour juguler le manque d’adaptations des français et de la France aux nouvelles réalités socio-économiques. Il reste que les français à l’heure actuelle ne semblent pas eux aussi prêts à céder d’un pouce. Aussi, mieux vaudrait un compromis fut il précaire entre l’État,les entreprises, la société civile et le peuple tout entier. Car vouloir imposer coute que coute des reformes aussi avancées risque de conduire à des effets contre-productifs dommageables pour la société et pour les partenaires de la France.

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