Posted in Uncategorized on June 30, 2011 by saiigain
A l’Heure de l’Asie : C’est quoi etre Asiatique?
Posted in Humanities, Philosophy on April 17, 2010 by saiigainEtre asiatique en appelle à etre dans une region donnée du monde, vivre au sein d’une communauté d’Hommes, avoir une culture donnée, avoir un certain rapport avec autrui et le monde et se familiariser avec un héritage culturel,civilisationnel, philosophique millénaire. L’oeuvre collective de Mme Burken et Patout intitulée “A la Découverte de l’Asie” passerait pour une bonne introduction aux modes d’etre de la vie , du vécu des asiatiques: Des attitudes, comportements du quotidien aux identités culturelles et sociales ancrées depuis les générations passées. L’oeuvre, à la fois pédagogique et pratique, invite le lecteur à la découverte du monde asiatique tout en soulignant ses points communs et ses points de divergences ou particularismes propres d’avec le monde occidental que ceci soit sur le plan des affaires ou sur le plan de la culture tout court.
Une philosophie du Monde et de la Vie
De la pensée asiatique, l’on retient souvent le role crucial de la famille, du Guanxi (connections entre les membres de la communauté),et des ancetres-le culte des anciens- sans oublier des principes métaphysiques qu’on rencontre souvent dans les livres religieux ou philosophiques comme le Karma, la Ré-incarnation etc. Toutefois, un des aspects importants du vécu de l’asiatique réside dans ses rapports avec les notions de l’apprentissage-l éducation-,du Travail et du Temps(par ricochet du Devenir également). Pour ce qui est de l’apprentissage, l’on note dans l’oeuvre precitée “Les Asiatiques donnent toujours l’impression qu’ils n’en ont jamais assez d’apprendre.Ils veulent toujours s’améliorer : Cette perfection de soi est innée et dictée par quelque chose d’inexplicable”. Ce souci constant de l’apprentissage dans la vie éducative et sociale touche aussi le vécu existentiel lui meme. La vie,disons, le vécu humain, passe également pour une opportunité privilegiée d’apprentissage de la vie et sur la vie “Les évènements de la vie, heureux ou malheureux sont riches d’enseignements et servent de leçons à moins d’offrir de nouvelles perspectives à suivre”. Le fatalisme religieux ou de la destinée ne semble pas un facteur d’obstacle majeur à l’action ou au desir de surmonter les épreuves de la condition humaine meme s’il apparait rait que les asiatiques subiraient l’héritage des actions des ancetres et du fait des actes ou actions supposées des ancetres dependreraient les épreuves dont ils seraient appelés à faire face durant l’existence.
Un art de la communication
La culture du silence et de la discrétion demeurent des aspects importants dans le vécu des asiatiques. Tout ne se dit pas et le non-dit est sous entendu souvent dans les actes et les gestes qui en disent plus long que les mots et la parole. “En Asie, l’essentiel dans toute communication ne se trouve pas seulement dans le message transmis, mais dans la manière utilisée pour s’exprimer” notent les auteures qui rencherissent en disant “il n’est point question de tout dire, puisque le contexte est riche de sens”. Une idée qui rejoint le fameux dicton ” La parole est d’argent mais le silence est d’or” ce qui montre tout l’intéret de la discrétion et du silence dans l’acte de communiquer et Confucuis, l’un des plus grands philosophes chinois, enseignait “le silence est un ami qui ne trahit jamais”.
Une Génèse du Monde et du Devenir
Contrairement aux religions revelées qui posent la question du sens de la vie, du devenir, du salut de l’humanité, de la place et du role ,de la responsabilité de l’Homme au sein de la création, ainsi que de la mission de ce dernier,les auteures font bien de souligner “la philosophie asiatique ne pose pas le problème de la création. C’est un fait. Ce monde existe par lui-meme.” Il va de soi qu’une telle conception du monde et donc de l’origine , de la génèse par conséquent du Temps lui meme, ferait peu de cas de la moralité religieuse.: La Finalité des actes et des actions et le Jugement Supreme. Puisque l’Homme est, tout ce qui est, est appellé à la lutte pour la survie et la survivance. Les moyens pour y parvenir, cependant, pourraient tenir compte de toute considération éthique sachant que les philosophies asiatiques seraient en grande partie des philosophies éthiques ou éthico-politique ,à la limite ,spirituelles, mais très peu de considérations religieuses dictées par un Dieu Créateur supreme, Législateur absolu. Le rapport au Temps ne paraitrait pas similaire pour un asiatique et un africain par exemple. Il va de soi que le slogan contemporain “Time is money” ou le Temps, c est l’argent” ne pourrait que s’accomoder merveilleusement à la culture et à la sagesse orientales.
Crises de mathématiques ou des logiques?
Posted in science on April 15, 2010 by saiigainDiscussion autour de la thématique de la Crise des Mathématiques modernes et postmodernes
“Les mathématiques peuvent etre definies comme une science dans laquelle on ne sait jamais de quoi on parle ni si ce que l’on dit est vrai” Bertrand Russell
Monsieur, -J’ai démontré le cinquième postulat d’Euclide. Donc la relativité d’Einstein est rejetée avec les géométries non-euclidiennes. Vous devez tirer les conséquences.
-Je pense, cher monsieur, que vous devriez vous interesser plus aux fondamentaux et à l’histoire des mathématiques postmodernes. Toutes les mathématiques,leu nature rationnelle et leur nature de sciences exactes proviennent de la rigueur des logiques et des raisonnements qu’on y applique; La Géometrie n’est pas que l’affaire de construction de lignes et de demonstrations de figures geometriques.A une époque donnée, l’on jugeait inconcevable que deux lignes parallèles puissent constituer un plan; aujourd’hui, le bon sens et l’evolution des mathématiques l’admettent. Il ‘y a une relation directe entre les logiques formelles, à la base les logiques d’aristote, puis après de BOOle, etc aux logiques modernes. Je vous rappelle que les logiques analytiques seraient apparues à la faveur de la problématique du solutionnement du cinquième postulat d’euclide qui soi disant passant soutenait que etant donné une droite donnéé,et un point du plan, on ne peut mener qu’une droite parallèle par ce point à la droite de referrence. Ce postulat ,le terme postulat je vous rappelle est du ressort de la logique encore une fois, d’euclide a été justement remis en cause par les pères fondamenteurs des logiques analytiques, godel, entre autres. Les geometries non euclidiennes seraient ainsi apparues à la suite de cette problématique. je continuerai ce débat prochainement.
N .B : De geo (la Terre, l’espace )et metrie (la mesure, la quantification, le metrics, ;;),on definirait la geometrie comme la science mathématique qui se penche sur l’étude des propriétés et des relations dans le champ de l’espace,étude basée sur des postulats,des definitions,des grandeurs, et des representations spatiales ainsi que des figures géometriques et leurs relations.
Monsieur, -Les mathématiques modernes, postmodernes et contemporaines sont sans fondements et sont erronées. Donc il n’est raisonnable de m’inviter à patauger dans la mer des illusions. Vous devez lire et approfondir les tentatives de Saccheri et Lambert au 18ème siècle pour comprendre comment leur échec a conduit Bolyai, Lobachevsky et Gauss à la géométrie hyperbolique , et conduit plus tard Riemann à la géométrie elliptique. Ces deux géométries sont non-euclidiennes et construites sur des définitions arbitraires et pleines de failles. La géométrie vraie est celle qui démontre son théorème de base qui se rapporte à la relation entre deux lignes droites dans la surface plane coupées par une troisième droite appelée sécante ou transversale. Les mathématiciens qui essayèrent de saisir cette relation ont échoué parce qu’ils n’ont pas compris la nature de la ligne droite. Donc, si vous voulez engager un débat, il faut commencer par le quadrilatère connu sous le nom de Saccheri et appliquer correctement les principes de la géométrie. Quant à la logique je vous invite à méditer la citation de Hermann Weyl : «Logic is the hygiene the mathematician practices to keep his ideas healthy and strong» Votre assertion suivante : « La Géometrie n’est pas que l’affaire de construction de lignes et de demonstrations de figures geometriques. » N’est pas pour l’honneur de la géométrie, car celle-ci est la science fondatrice de la mathématique et de toutes les sciences. Son rôle est de démontrer les vérités éternelles à partir d’axiomes vrais et évidents en étudiant les figures dans l’espace à trois dimensions pour y trouver les relations universelles et immuables de l’ordre et de la mesure. Le terme Postulat est une demande de construction et ne concerne que la géométrie. Je vous rappelle que la géométrie démonstrative naquit 300 ans avant Aristote et avant sa logique formelle. Je vous conseille vivement de lire l’histoire de la géométrie grecque. Encore une fois je vous dis que les géométries non-euclidiennes sont nées au moins 100 ans avant Gödel et la logique analytique. Une fois de plus je vous urge de lire l’histoire de la géométrie et de la mathématique durant toutes les époques avant d’émettre des opinions qui contredisent l’histoire de la mathématique. Dommage que les géométries non-euclidiennes induisent en erreur le plus précieux don que Dieu fait à l’homme, à savoir la raison.
- Laisser moi faire une certaine mise au point : D’abord, en affirmant que la géometrie n’est pas une affaire de construction geometrique,allusion à ma citation, je ne pretends nullement faire deshonneur à la geometrie. Aujourd’hui, toute la question autour des mathématiques et surtout la géometrie, c’est de savoir dans quelle mesure celle ci decrit fidèlement ou pas la réalité et en quoi l’influence phenomenologique de l’esprit au travers de la construction mentale intervient. Et pour ce qui est de vos arguments, ils ne font point office de preuves necessaires et suffisantes. La citation sur la logique avancée par ce logicien et mathématicien ne constitue en rien une opinion tangible et indiscutable; ce n’est qu’un avis.La citation n’est qu’une illustration d’une idée. Ensuite, je vois mal sur quels arguments concrets en dehors des principes formels et classiques des géometries héritées du passé pourriez vous avancer contre les fondements des mathématiques et des logiques modernes et post-modernes.Vous affirmez d’emblée que ces mathématiques et logiques seraient infondées sur des bases qui sont toujours en débat chez les mathématiciens contemporains. L’affaire sur ce sujet n’est pas tranchée complètement. Ensuite, je ne suis pas sans savoir que très vite la geometrie a pris son indépendance sur la philosophie et ceci à travers l’histoire dela philosophie qu’on a tous appris en classe terminale dans les débuts à l’initiation à celle ci. Mais là je voudrais attirer votre attention que la logique et la géometrie tissent des liens étroits.L’un ne saurait s’établir sans le concours de l’autre.J’irai meme loin la Logique aurait devancé les sciences si l’on en juge par le contenu de cet article qui sous-entend l’apparition première de logique avant le fondement veritable des Sciences telles qu’on les a apprises apparemment selon les opinions de Leibniz,Godel .Et, en quoi sommes nous tenus de tenir pour vrais les principes logiques de la géometrie classique comme absolus? Je vous rappelle que ces principes passent pour evidents dans la mésure ou on part du principe qu’ils seraient conformes à la raison et au bon sens;On les a consideré comme vrais comme tels sans vraiment demontrer en quoi ils sont vrais. Le postulat, l’axiome, etc sont choses admises comme vrai mais en aucune manière ils ont fait l’objet de preuves absolues.Et l’argument ontologique contraignit à faire admettre qu’à moins d’admettre une infinité de possibiltés voire de causes à effet à l’infini,il fallait partir de principes dits naturels dit-on à l’origine qu’on disait conforme à la raison et au bon sens,pour de ce faire aboutir à l’etablissement d’un processus de raisonnement. J’ai une citation fameuse pour vous ,trois à vrai dire,également ” “ God himself made the whole numbers: everything else is the work of man”. – Leopold Kronnecker “It is not certain that everything is certain” Blaise Pascal “La science est une théologie qui s’ignore”, Jean Pierre Dupuis, polytechnicien, philosophe français. Vous voyez dans les mathématiques, les fondements ne sont guère absolues certitudes. Je vois mal alors en quoi vous pretendez faux au sujet des mathématiques modernes et postmodernes. Et, j’ai oublié d’ajouter ceci concernant les fondements et l’origine des sciences géometriques. Rappelez vous que les premiers géomètres grecs ontséjourné en Egypte antique.Ils y ont été initiés la bas y compris pythagore,à qui on associe l’invention du terme “philosophie”. Et, en egypte, les sciences des nombres et des lignes sont intimement liées au culte et au symbolisme. Les préceptes de la géometrie originelle trouvent selon certains specialistes leur origine en Egypte, chez les pretres et mathématiciens de ce temps, d’autres avancent qu’il est le fruit d’observation empirique, d’autres enfin parmi les modernes soutiennent que ceci serait issu d’un esprit de vision.Lisez ce que en pense Grothendick à ce sujet. Ce sont tout ça qui font craindre que la certitude en la matière de façon absolue reste problématique; En plus, songez à la philosophie de Emmanuel Kant et sa critique de la Raison Pure. Par ailleurs, pour revenir, à votre pretendue comprehension de la droite, jusqu’à au collège, on avait l’habitude d’enseigner que une droite est une infinité de points alignés. Contrairement à un segment qui est borné, la droite partirait d’un point donné et s’etendrait à l’infini. Et justement, jusqu(ou il faudrait apprehender la notion d’infinie. L’origine des mathématiques modernes et postmodernes fait echo à la problématique de l’infinie à la fois dans les mathématiques théoriques (les theories des nombres et des ensembles” et le domaine de la representation mathématique. Les plus grands mathématiciens du 19eme 20eme siècle ont mis en cause la realité d’une infinité d’etendue . Je ne vous apprend rien à ce sujet.Et c’est de leurs travaux d’ailleurs que les crises des mathématiques modernes versus classiques seraient apparues Monsieur, -Vous auriez mieux fait de travailler sur la réfutation de la démonstration d’IBN AL HAITHAM sur la page 1 du forum de mon site : www.mathtruth-rachidmatta.com. Vous verrez vous-même que le contenu de votre présent e-mail s’évapore comme un nuage d’été. Allez au cœur du problème et laissez tomber les écorces. Je commente vos citations. 1 – La citation de Kronecker « God himself made the whole numbers: everything else is the work of man.», prouve que ce que Dieu a fait est exact et tout le reste c’est-à-dire toutes les mathématiques modernes sont fausses et pleines de contradictions. 2 – “It is not certain that everything is certain” Blaise Pascal Si Pascal avait bien saisi la nature exacte de la ligne droite il aurait vite compris que la géométrie est une science certaine et peut-être il aurait pu démontrer le cinquième postulat d’Euclide. 3 – “La science est une théologie qui s’ignore”, Jean Pierre Dupuis, polytechnicien, philosophe français. Seule la science mathématique est une métaphysique et la géométrie est une théologie, car son principe d’extension, le point, est le plus proche de l’UN. Mais cette théologie s’ignore pour les non géomètres qui ne savent être parfaits comme leur père céleste pour géométriser avec lui ; Quant aux autres sciences, elles reçoivent leurs principes de la mathématique et seront ses applications dans l’espace du monde réel de la physique qui a trois dimensions. Ce sont des sciences expérimentales et elles n’ont rien à voir avec la théologie. M. Jean Pierre Depuis n’a donc saisi la nature exacte de la géométrie comme, d’ailleurs, tous les penseurs non-euclidiens. Ça vous dérange que j’attaque tout le monde, mais c’est la vérité, et sa loi est impitoyable. N’oubliez pas d’examiner le quadrilatère de Saccheri pour constater que tous les mathématiciens, logiciens et philosophes modernes, postmodernes et contemporains se sont trompés, car ils n’ont pas cherché les principes de la géométrie dans leur Unique origine: DIEU.
-D’une chose, je ne vous ai point demandé de commenter sur ces citations.Je vous ai donné ces citations comme exemples pour vous dire ce que valent les citations:Leur autorité ne vaut que ‘autorité de leurs auteurs;en aucune manière, je les avance pour preuves, juste pour vous dire que les citations ne sont pas des preuves; De deux(choses), vous semblez avoir mal interpreté ces citations. Celui de Kronecker, vous le commentez hors contexte à mon hmble avis. Par cette citation, il voulait attirer l’attention sur la problematique de la certitude absolue dans les sciences mathématiques et ses propos tendent à relativiser la verité mathématique comme une absoluté. Si les nombres relatifs sont de l’ordre de l’ihumain, tout le reste l’est et en celà le reste peut etre objet de débats.Pour blaise pascal, rien n’est verité absolue, tout peut faire l’objet de débats; pour jean pierre, dupuis, c’est la reference aux fondements des principes mathematiques qui tendent au travers des crises des mathématiques modernes sur le plan theorique à y voir une forme d’ontologie et de phenomelogie. Et toutes les sciences humaines ne se basent pas uniquement sur des methodologies heritées des mathématiques comme vous le pretendiez. Enfin, pour vous amener à un auteur plus contemporain, sur le lien entre logique, intuition, pensée, representation, je vous invite vivement à lire ce que en dit henry bergson et son intuitionisme. Lisez aussi la Pensée et le Mouvant. Ceci ne me derange pas que vous critiquiez les choses; au contraire,j’apprécie l’esprit de contestation duquel souvent debouche la verité.
texte en appui (9):
[1] l Auteur
l Les Éditions AGONE
l Naissance de la
sociologie
l Essais II. L’époque, la
mode, la morale, la
satire
l Essais III. Wittgenstein &
les sortilèges du langage
l Essai IV. Pourquoi pas
des philosophes ?
l Essai V – Descartes,
Leibniz, Kant
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II-Logique et mathématique
p. 141-165
Utopie et réalité : Leibniz, Gödel et les possibilités
de la logique mathématique
Essai V – Descartes, Leibniz, Kant – Jacques Bouveresse
Plan | Texte | Notes | Note de fin | Citation
1. La référence leibnizienne chez Gödel
2. La question des fondements et le problème de l’invention
mathématique
3. Le programme leibnizien et la question des « limitations internes »
des formalismes
Plan
1. La référence leibnizienne chez Gödel
Texte intégral
Dans « Russell’s Mathematical Logic » (1944), Gödel distingue deux aspects
fondamentaux différents de la logique : « La logique mathématique, qui
n’est rien d’autre qu’une formulation précise et complète de la logique
formelle, a deux aspects tout à fait différents. D’un côté, elle est une
section des mathématiques traitant de classes, relations, combinaisons de
symboles, etc., au lieu de nombres, fonctions, figures géométriques, etc. De
l’autre, c’est une science, antérieure à toutes les autres, qui contient les
idées et les principes sous-jacents à toutes les sciences. C’est dans ce
deuxième sens qu’elle a été conçue en premier lieu par Leibniz dans sa
Characteristica universalis, dont elle aurait formée une partie centrale. Mais il
a fallu presque deux siècles après la mort de Leibniz pour que cette idée
d’un calcul logique réellement suffisant pour le genre de raisonnement qui
apparaît dans les sciences exactes soit mise en oeuvre (tout au moins sous
une certaine forme, sinon sous la forme que Leibniz avait en tête) par
Frege et Peano. » [PM, 447]
1
Leibniz a, bien entendu, apporté une contribution tout à fait déterminante
au premier aspect. Et il est même le premier à avoir reconnu tout à fait
clairement qu’on peut proprement calculer sur bien autre chose que des
nombres et qu’il peut par conséquent y avoir une mathématique non
seulement des nombres, mais également des concepts, des propositions,
des classes et de bien d’autres choses. Mais, même si l’essentiel de la
recherche en logique mathématique est consacré aujourd’hui à cet aspectlà,
l’intérêt de Gödel, spécialement dans l’essai que j’ai cité, porte en fait
principalement sur le second aspect. Partant de Leibniz, il en arrive, en
passant par Frege et Peano, assez rapidement à Russell et il met alors
entre parenthèses presque toutes les considérations de détail qui ont trait
« au formalisme ou au contenu mathématique » des Principia Mathematica
pour se concentrer essentiellement sur « le travail de Russell concernant
l’analyse des concepts et des axiomes sous-j a c e n t s à l a l o g i q u e
mathématique » (ce qui, comme le remarque Hao Wang, aurait
probablement été un titre plus exact pour son essai). La façon dont il
procède dans cet essai donne certainement une idée exacte de ce qu’il
considère comme central dans la logique mathématique, telle qu’il la
conçoit, et également du degré auquel il prend au sérieux le projet
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leibnizien – y compris, ce qui est à la fois un peu difficile à comprendre et
assez déconcertant, pour ce qui est des vertus heuristiques tout à fait
prodigieuses que lui attribuait Leibniz.
Gödel a étudié Leibniz de façon assez systématique dans les années 1943-
1946, à un moment où il avait cessé pour l’essentiel de faire des recherches
dans la logique proprement dite et où, comme le dit Wang, son travail est
devenu plus philosophique que mathématique. On sait aussi que ses
papiers contiennent de volumineux cahiers de notes sur Leibniz et sur la
littérature consacrée à Leibniz. De tous les philosophes, c’est certainement
lui qui était à ses yeux le plus grand et qui l’a le plus influencé. Nous savons
qu’i l l’admirait d’une façon presque inconditionnelle et qui n’est pas
simplement celle que l’o n p o r t e à u n g r a n d a n c ê t r e h i s t o r i q u e : i l
considérait, en effet, comme tout à fait possible de remettre aujourd’hui en
chantier un grand programme de métaphysique rationaliste aussi ambitieux
que l’avait été le sien. D’a p r è s W a n g , « Gödel semble être d’avis que
Leibniz a considéré toutes les choses réellement fondamentales et que ce
dont nous avons besoin est de voir ces choses plus clairement » [RKG,
211]. Cela concorde tout à fait avec la tendance générale de Gödel à
considérer que deux ou trois siècles supplémentaires de philosophie n’ont
p r o v o q u é q u e d e s c h a n g e m e n t s r é e l l e m e n t m i n i m e s d a n s n o t r e
compréhension des choses fondamentales en philosophie et que la tâche
principale reste aujourd’hui comme hier de chercher à appréhender plus
clairement les concepts fondamentaux. Sur un point, il est d’accord avec
Newton, puisqu’il pense qu’i l d e v r a i t ê t r e p o s s i b l e d e f a i r e p o u r l a
métaphysique l’équivalent de ce que Newton a fait pour la physique, à
savoir trouver une « théorie axiomatique » correcte pour elle, au moins
dans ses grandes lignes. Sur un autre, il est d’accord avec Leibniz et l’est
notamment dans la compréhension que Leibniz a de la nature des concepts
physiques. Gödel a expliqué, du reste, que, s’il était parvenu à construire
un système philosophique, cela aurait été une forme de monadologie.
3
En ce qui concerne la philosophie, son attitude pose, comme le remarque
Wang, un problème difficile puisque, tout en proclamant sa confiance dans
les vertus de la méthode axiomatique, il est obligé en même temps
d’admettre qu’il n’a même pas réussi à déterminer ce que peuvent être les
concepts primitifs de la métaphysique et encore moins à trouver les bons
axiomes pour eux. Wang résume sa position en disant que « Gödel semble
vouloir continuer à partir de l’endroit où Newton et Leibniz se sont arrêtés,
et croire que le cours de l’histoire après le XVIIe siècle a régressé plutôt que
progressé, sauf pour ce qui concerne l’accroissement de l’information (mais
non de la compréhension réelle) en mathématiques, dans les sciences de la
nature (et dans certains autres domaines). Alors qu’il utilise la physique de
Newton comme modèle, sa sympathie philosophique va à Leibniz. Il n’est
pas satisfait de la compréhension que Newton a des concepts physiques,
mais souhaite continuer la tentative faite par Leibniz pour analyser plus
profondément les concepts physiques d’une manière telle que ceux-ci
soient fusionnés avec les concepts réellement primitifs de la métaphysique.
De ce fait, en particulier, il n’e s t p a s s a t i s f a i t d e s “fondements
métaphysiques” k a n t i e n s d e l a p h y s i q u e ( n e w t o n i e n n e , p l u t ô t q u e
leibnizienne) » [RKG, 165]. Le point crucial, bien sûr, est que l’entreprise de
Kant consacre à ses yeux le divorce regrettable de la physique d’avec la
métaphysique. Comme la plupart des représentants de la tradition
philosophique autrichienne, Gödel n’est pas impressionné par la révolution
que Kant est supposé avoir effectuée et par la façon dont elle a déterminé
pour une part essentielle l’orientation de la philosophie au cours du XIXe
siècle. Il pense que ce sont essentiellement les « préjugés de l’époque »
qui nous empêchent de reconnaître que l’on pourrait très bien essayer de
reprendre les choses à un stade antérieur.
4
Dans l’admiration que Gödel professait pour Leibniz, il y a quelque chose
qui confine par moments plus ou moins à la mythologie et même, semble-til,
à la mythomanie. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il était obsédé
par l’idée que certains des manuscrits de Leibniz risquaient d’être détruits
parce qu’on n’avait probablement pas fait le nécessaire pour les mettre à
l’abri. Il pensait même apparemment que certains avaient intérêt à ce qu’ils
soient détruits. En 1939, Karl Menger lui a demandé qui pourrait bien avoir
intérêt à ce que les écrits de Leibniz soient détruits. À quoi il a répondu :
« Naturellement, les gens qui ne veulent pas que les hommes deviennent
plus intelligents. » Et comme Menger lui avait objecté que Voltaire serait
probablement une cible plus plausible, il a rétorqué : « Qui est jamais
devenu plus intelligent en lisant les écrits de Voltaire ? » [RKG, 103] Gödel
semble avoir pensé qu’un bon nombre des idées et des écrits de Leibniz
avaient été en réalité déjà bel et bien été perdus, un peu comme l’a été la
démonstration par Fermat de son théorème – si toutefois il en avait
réellement une, ce dont beaucoup de mathématiciens doutent aujourd’hui.
Apparemment, Gödel croyait qu’en plus de ce que l’on sait d’eux les écrits
de Leibniz pourraient bien avoir recelé quelque trésor ou quelque secret,
peut-être aujourd’hui définitivement perdu, qui aurait rendu possible des
progrès spectaculaires dans la découverte mathématique elle-même et la
résolution des problèmes mathématiques.
5
À la fin de son essai sur « La logique mathématique de Russell », il revient
au problème de l’analyse des concepts fondamentaux et à Leibniz. En dépit
d e s p r o g r è s c o n s i d é r a b l e s q u i o n t é t é r é a l i s é s d a n s l a l o g i q u e
mathématique depuis les Principia Mathematica, « bien des symptômes,
écrit-il, ne montrent que trop clairement que […] les concepts primitifs ont
besoin d’être élucidés davantage. Il semble raisonnable de supposer que
c’est cette compréhension incomplète des fondements qui est responsable
du fait que la logique mathématique est restée jusqu’ici tellement en deçà
d e s a t t e n t e s é l e v é e s d e P e a n o e t d’autres qui (d’accord avec les
affirmations de Leibniz) avaient espéré qu’elle faciliterait les mathématiques
théoriques dans la même mesure que le système décimal des nombres a
facilité les calculs numériques. Car, comment peut-on espérer résoudre des
problèmes mathématiques de façon systématique par la seule analyse des
concepts qui y apparaissent si notre analyse jusqu’à présent ne suffit
même pas à établir les axiomes ? » [PM, 468-9]
6
G ö d e l p e n s e q u e l a l o g i q u e m a t h é m a t i q u e , a u d e u x i è m e d e s s e n s
distingués plus haut, devrait être une partie centrale de ce qu’était
supposée être la caractéristique leibnizienne. Mais, comme le remarque
Wang, il est pour le moins difficile de voir comment la logique
mathématique, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, pourrait être étendue
de façon à fournir une méthode puissante (ou même simplement des
directives efficaces) pour de nouvelles découvertes mathématiques. Et
pourtant, c’est ce que Gödel semble bel et bien croire. Il donne l’impression
d’être à peu près aussi optimiste que l’avait été en son temps Leibniz sur
les possibilités du nouvel instrument qu’il avait mis au point, tout en
admettant par ailleurs que nous ne savons même pas réellement comment
nous y prendre pour commencer à le construire. Son idée semble être
qu’une fois que nous sommes arrivés aux bons axiomes nous pouvons
apprendre à appréhender également de façon appropriée les concepts
dérivés et approcher les problèmes de façon systématique. Wang avoue
qu’il ne voit pas les raisons que Gödel pouvait avoir de croire cela, et
j’avoue que je ne les vois pas non plus. Comme le note Wang, « par
exemple, le système standard incomplet de la théorie des nombres est
modérément adéquat, pour ce que nous en savons, pour la solution de la
plupart des problèmes dans ce domaine, mais ne semble offrir aucune
indication pour une quelconque méthode systématique de résolution des
problèmes. [Gödel] pense-t-il que c’est parce que les concepts ne sont pas
auto-suffisants [self-contained], compte tenu du fait qu’ils ne sont pas
suffisamment fondamentaux (peut-ê t r e c o m m e l e r é v è l e
l’incomplétabilité) ? » [RKG, 311]
7
Leibniz souligne qu’en même temps que les sciences se complexifient et
s’étendent par le haut (au niveau des superstructures) elles se simplifient
et se condensent par le bas (au niveau des éléments et des fondements).
« On peut même dire, écrit-il, que les sciences s’abrègent en s’augmentant,
[ce] qui est un paradoxe très véritable, car plus on découvre des vérités et
plus on est en état d’y remarquer une suite réglée et de se faire des
propositions toujours plus universelles dont les autres ne sont que des
exemples ou corollaires, de sorte qu’il se pourra faire qu’un grand volume
de ceux qui nous ont précédés se réduira avec le temps à deux ou trois
thèses générales. Aussi, plus une science est perfectionnée et moins a-telle
besoin de gros volumes car, selon que ses éléments sont suffisamment
établis, on y peut tout trouver par le secours de la science générale ou de
l’art d’inventer. » [PS VII, 180]
8
Il n’y a, effectivement, aucun doute sur le fait qu’une fois que nous
disposons des bons concepts, et plus encore des bons axiomes pour eux,
un grand nombre de questions qui ne l’étaient pas auparavant deviennent
généralement abordables et décidables de façon systématique. Mais, cela
étant, on peut se demander ce qui justifie l’optimisme de Gödel en ce qui
concerne le bénéfice que nous pouvons attendre de la recherche des
éléments dans la logique elle-même. Si le point crucial est de trouver des
notions plus fondamentales ou de nouveaux axiomes pour celles que nous
avons déjà, qui nous permettront de décider davantage de questions, il ne
donne guère d’exemple concret de ce que cela pourrait vouloir dire dans les
f a i t s . U n e x e m p l e m a t h é m a t i q u e a u q u e l i l a c c o r d e u n e i m p o r t a n c e
particulière est celui de la notion d’« ensemble ». Il se dit convaincu qu’il n’y
a pas lieu de renoncer à l’espoir de décider un jour l’hypothèse du continu
par l’adjonction d’axiomes supplémentaires pour la notion d’ensemble. En
ce qui concerne certains des nouveaux axiomes de l’infini qui ont été
proposés avec l’espoir de réussir à décider par ce moyen l’hypothèse du
continu, il remarque : « On peut démontrer que ces axiomes ont également
des conséquences bien au-delà du domaine des nombres transfinis très
grands, qui est leur objet immédiat : on peut montrer que chacun d’entre
e u x , s o u s l a s u p p o s i t i o n d e s a c o n s i s t a n c e , a c c r o î t l e n o m b r e d e s
p r o p o s i t i o n s d é c i d a b l e s m ê m e d a n s l e d o m a i n e d e s é q u a t i o n s
diophantiennes. » [What Is Cantor’s Continuum Problem ? (1947) : PM, 477]
Les axiomes en question peuvent donc manifester leur fécondité dans des
domaines divers qui sont parfois très éloignés de celui dont ils traitent
directement. Gödel considère que la théorie des ensembles est confirmée
9
par ses conséquences dans l’arithmétique, en un sens que l’on peut
comparer à celui auquel la physique est confirmée par la perception
sensorielle. Mais le problème est que, si les axiomes dont il parle se
trouvent ainsi légitimés indirectement, ils offrent, en revanche, peu d’espoir
de parvenir à une décision concernant l’hypothèse du continu elle-même.
D’après Wang, Gödel a dit, dans une conversation du 3 mars 1948 avec
Carnap, que Leibniz avait « apparemment obtenu [apparently had
obtained] » une méthode de décision pour les mathématiques [RKG, 173].
C’est sans doute ce que Leibniz croyait. Mais que peut bien vouloir dire une
assertion de cette sorte, et en particulier l’expression « avait apparemment
obtenu » dans la bouche de quelqu’un comme Gödel ? Elle peut sembler
d’autant plus étonnante que, d’après les notes de Carnap, dans une
conversation du 23 décembre 1929, qui est par conséquent antérieure à la
d é m o n s t r a t i o n d e s o n t h é o r è m e , G ö d e l d i t , e n f a i s a n t r é f é r e n c e à
Brouwer : « Les mathématiques sont inépuisables : on doit toujours puiser
à n o u v e a u à l a “source de l’intuition”. Il n’y a par conséquent pas de
Characteristica universalis pour la totalité des mathématiques, et pas de
procédure de décision pour la totalité des mathématiques. » [RKG, 50] Cela
n’e m p ê c h e p a s f o r c é m e n t , b i e n e n t e n d u , q u’il puisse y avoir une
Characteristica universalis pour certaines parties des mathématiques et que
le programme de Leibniz puisse rester, de ce point de vue et dans ces
limites, tout à fait actuel.
10
Gödel était, cela va sans dire, mieux placé que quiconque pour savoir qu’il
ne peut pas y avoir dans les mathématiques de procédure de décision
générale qui opère à la façon d’une machine, même si Leibniz lui-même
pouvait encore croire ce genre de chose et l’a probablement cru. « Les
vérités qui ont encore besoin d’être bien établies sont, dit-il, de deux
sortes, les unes ne sont connues que confusément et imparfaitement, et
les autres ne sont point connues du tout. Pour les premières, il faut
employer la méthode de la certitude ou l’art de démontrer, les autres ont
besoin de l’art d’inventer. Quoique ces deux arts ne diffèrent pas tant qu’on
croit, comme il paraîtra dans la suite. » [PS VII, 183] Mais on peut avoir
l’impression que l’effet d’u n e d é c o u v e r t e c o m m e c e l l e d e G ö d e l e s t
justement de démontrer qu’ils diffèrent, au contraire, bien plus qu’on ne le
croit. L’idéal de la « pureté mécanique » – qui est, pour Leibniz lui-même,
compte tenu de l’idée qu’il se fait de ce que doit être une démonstration
proprement dite, caractéristique de l’art de démontrer – ne semble guère
susceptible de s’adapter aussi à l’art d’inventer, et a fortiori de le favoriser.
Comme le dit Wang, « l’idéal de la formalisation semble aspirer à un type
d’h o m o g é n é i t é ( c o m m e u n e f o r m e d e “pureté”) au niveau qui est
précisément le plus inférieur de l’intelligence. Il est très éloigné d’une
compréhension intuitive de la démonstration, et peut avoir quelque chose à
voir avec l’aspiration à un sens abstrait de la sécurité qui inclut, par
exemple, une protection contre l’oubli, puisqu’il n’y a pas d’étapes qui
soient oubliées dans une démonstration purement formelle. Même si l’on
m e t à p a r t l’exigence de complétude, les systèmes formels possèdent
également cette qualité de “pureté mécanique” qui, cependant, n’aide pas
à l a r e c h e r c h e d e m é t h o d e s p l u s p u i s s a n t e s p o u r d é m o n t r e r d e s
théorèmes » [RKG, 173]. Il y a certainement, chez Leibniz, une tension
constante entre le désir de la sécurité maximale, qu’il trouve, à la différence
de Descartes, dans la formalité elle-même, et un autre désir, au moins
aussi puissant, qui est celui de l’inventivité maximale.
11
Dans une conversation du 15 mars 1972 avec Wang, Gödel dit : « En 1678,
Leibniz a formulé la revendication de la caractéristique universelle. Pour
l’essentiel, elle n’existe pas : toute procédure systématique pour résoudre
des problèmes de toutes les espèces doit être non mécanique. » Et, bien
entendu, même une procédure mécanique ne comporte pas la garantie du
succès universel, puisqu’il subsiste la question de savoir si la procédure
aboutira ou non dans tous les cas à un terme. Gödel est cependant si
impressionné par ce que Leibniz dit à propos de la possibilité de traiter un
jour tous les problèmes, y compris ceux de la métaphysique, d’une façon
que l’on peut qualifier de « mathématique », qu’il écrit dans un article de
1951, « Some Basic Theorems on the Foundations of Mathematics and Their
Applications » : « J’ai l’impression qu’après une clarification suffisante des
concepts qui sont en question il sera possible de mener ces discussions
avec une rigueur mathématique et que le résultat sera alors que (sous
certaines assomptions qui peuvent difficilement être niées [en particulier,
l’assomption qu’il existe tout simplement quelque chose comme la
connaissance mathématique]) la conception platonicienne est la seule qui
s o i t t e n a b l e . P a r l à , j’entends la conception selon laquelle les
m a t h é m a t i q u e s d é c r i v e n t u n e r é a l i t é n o n s e n s i b l e q u i e x i s t e
indépendamment à la fois des actes et des dispositions de l’esprit humain,
et est seulement perçue, et probablement perçue de façon très incomplète,
par l’esprit humain. » [CW III, 322-3] Le fait que Leibniz lui-même ait sur la
question du statut des entités mathématiques et des objets abstraits en
général une position qui est bien plus proche du nominalisme que du
réalisme platonicien est une chose que Gödel semble ou bien avoir ignorée
ou bien avoir décidé de considérer comme tout à fait secondaire.
12
2. La question des fondements et le problème de
l’invention mathématique
D’après Wang, la position de Gödel semble être que, là où il n’existe pas de
méthode de décision mécanique, il pourrait peut-être exister néanmoins
une méthode de décision non mécanique, une méthode qui n’est pas
complètement spécifique et qui ne décide pas formellement les questions,
mais donne des indications sur ce que le mathématicien doit faire pour
parvenir à les décider. Gödel pense apparemment à une méthode qui
permettrait d’arriver à la formulation de nouveaux axiomes en plus de ceux
dont on dispose déjà, ce qui ne peut évidemment pas être fait par une
machine, mais donnerait au mathématicien des directives suffisantes sur la
façon dont il doit s’y prendre pour résoudre les problèmes. Une note
fameuse du mémoire de 1931 explique que la vraie raison de l’indécidabilité
inhérente à tous les systèmes formels des mathématiques réside dans le
fait que la formation de types logiques toujours plus élevés peut être
continuée jusque dans le transfini. Les propositions indécidables à un
certain niveau deviennent décidables toutes les fois que des types plus
é l e v é s s o n t a j o u t é s . L a c o n c l u s i o n q u e G ö d e l t i r e d e s r é s u l t a t s
d’indécidabilité n’est donc pas du tout, comme on le croit souvent, une
incitation à renoncer, mais plutôt une indication concernant le genre de
chose que nous devons faire pour pouvoir espérer parvenir à une décision.
13
Comme le remarque Wang, l’histoire des mathématiques elle-même offre de
nombreux exemples de cas dans lesquels l’invention d’un nouveau système
ou d’un nouveau calcul, comme par exemple la géométrie analytique ou le
calcul différentiel et intégral, rend beaucoup plus facile et systématique la
résolution de toute une classe de problèmes. Dans chacun des cas de cette
s o r t e , d e s t e n t a t i v e s e t d e s c o n j e c t u r e s a u h a s a r d s e m b l e n t ê t r e
remplacées par un certain type de méthode systématique plus contrôlable.
« Leibniz, se demande Wang, pouvait-il chercher une méthode générale de
cette sorte qui s’appliquerait à la totalité des mathématiques ? » [RKG, 174]
Leibniz a certainement rêvé d’une méthode de ce genre, et même d’une
méthode qui permettrait de décider par le simple calcul une multitude de
questions qui n’ont à première vue rien de mathématique. Mais ce qui est
surprenant est la façon dont Gödel semble avoir pris cette idée au sérieux.
À la fin de son article sur « La logique mathématique de Russell », il écrit :
« Il n’y a pas de raison d’abandonner tout espoir. Leibniz, dans ses écrits
sur la Characteristica universalis, ne parlait pas d’un projet utopique ; si
nous devons croire ce qu’i l d i t , i l a v a i t d é v e l o p p é s o n c a l c u l d u
raisonnement dans une large mesure, mais attendait pour le publier que la
semence puisse tomber sur un sol fertile. Il est même allé jusqu’à estimer le
temps qui serait nécessaire pour que son calcul soit développé par un petit
nombre de scientifiques choisis jusqu’à u n p o i n t t e l “que l’humanité
disposerait d’une nouvelle espèce d’instrument augmentant les pouvoirs de
la raison beaucoup plus qu’un instrument optique quelconque n’a jamais
aidé le pouvoir de la vision”. Le temps qu’il indique est cinq ans, et il affirme
que sa méthode n’est en aucune façon plus difficile à apprendre que les
mathématiques ou la philosophie de son époque. De plus, il a dit de façon
répétée que, même dans l’état rudimentaire où il avait développé la théorie
lui-m ê m e , e l l e é t a i t r e s p o n s a b l e d e t o u t e s s e s d é c o u v e r t e s
m a t h é m a t i q u e s ; c h o s e q u e , p o u r r a i t-o n e s p é r e r , m ê m e P o i n c a r é
reconnaîtrait comme une preuve suffisante de sa fécondité. » [PM, 469]
14
Aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd’hui, l’intérêt de Gödel
pour la question des fondements des mathématiques était, comme celui de
Hilbert, motivé fortement par la croyance que des progrès fondamentaux
dans ce domaine produiraient d’une certaine façon une révolution dans tout
le domaine des mathématiques (des mathématiques pures, en tout cas).
Cela n’est pas sans rapport avec la façon dont il comprend Leibniz. Dans
l’histoire de la logique, Leibniz est l’auteur d’un nombre considérable
d’anticipations et d’innovations conceptuelles et techniques qui font de lui
le véritable père de la logique moderne et qui ont été maintes fois
étudiées. Mais ce n’est pas cela qui est le plus important aux yeux de
Gödel. C’est plutôt le fait que Leibniz s’est attaqué au problème des
fondements d’une façon qui était susceptible de révolutionner et qui a
effectivement révolutionné les mathématiques elles-mêmes. Gödel pensait
que les progrès les plus décisifs dans le domaine de la pensée proviennent
toujours d’un gain réalisé dans la compréhension des choses les plus
simples et les plus fondamentales. Et on peut remarquer que c’est toujours
à des questions d’une espèce réellement fondamentale qu’il s’est lui-même
attaqué, avec les succès que l’on sait. Or, en ce qui concerne les effets qu’il
attendait de cela pour les mathématiques elles-mêmes, on peut constater,
comme le fait Wang, que le résultat a été plutôt décevant. « Le travail de
Gödel a eu, écrit-il, peu d’effet sur la pratique de la recherche et la
conception des mathématiques de la plupart des mathématiciens. De façon
surprenante, l’incidence la plus grande concerne davantage des questions
conceptuelles qui ont trait aux ordinateurs et à la mécanisation, qui sont
une préoccupation centrale de la technologie du moment. » [RKG, 168] Ce
n’est évidemment pas tout à fait ce dont rêvait Gödel. Il ne semble pas, en
15
tout cas, s’être intéressé personnellement au développement réel des
ordinateurs.
I « … nec tantum
obtinebunt, dum stabit
Mundus, sed etiam
obtinuissent si DEUS alia
ratione (…)
Wang note qu’e n c e q u i c o n c e r n e l e d é v e l o p p e m e n t d e l a l o g i q u e
mathématique il y a deux idées de Leibniz qui se sont révélées être d’une
importance centrale. La première est la caractérisation des vérités de
raison comme étant les vérités qui sont vraies dans tous les mondes
possibles. C’est, dit-il, une conception qui s’applique aussi bien aux
tautologies du calcul propositionnel, telles qu’elles sont comprises et
traitées par Wittgenstein dans le Tractatus, qu’à la notion plus générale de
proposition logiquement valide ou logiquement vraie dans le calcul des
prédicats du premier ordre. Il semble y avoir là, en fait, un malentendu
historique assez curieux, puisque Leibniz, à ma connaissance, n’a dit nulle
part littéralement que les vérités de raison pouvaient être définies comme
les vérités qui sont vraies dans tous les mondes possibles. Ce qui se
rapproche le plus de cette idée est sans doute les passages dans lesquels
il souligne que Dieu aurait pu assurément créer un monde pourvu de lois
physiques, mais pas de lois logiques et mathématiques, différentes. On
peut dire des vérités nécessaires, qui ont trait uniquement à l’essence et à
la possibilité, qu’« elles seront valides non seulement tant que le monde
subsistera, mais auraient été valides également si Dieu avait créé le Monde
d’une autre façon I » [OFI, 18].
16
Je ne sais pas qui a attribué le premier à Leibniz la paternité de la définition
de la vérité logique comme étant la vérité dans tous les mondes possibles.
Mais c’est un fait remarquable que les créateurs de la sémantique logique
ont présenté spontanément leur définition de la validité logique par la
vérité dans toute interprétation du système formel ou du calcul comme un
équivalent de ce que Leibniz devait entendre par la « vérité dans tous les
mondes possibles » : « Une classe de propositions dans [le langage] S1,
qui contient pour toute proposition atomique ou bien cette proposition, ou
b i e n s a n é g a t i o n , e t p a s d’autres propositions, est, explique Carnap,
a p p e l é e u n e “description d’état [state-description]”, parce qu’elle donne
évidemment une description complète d’un état possible de l’univers des
individus relativement à toutes les propriétés et relations exprimées par les
prédicats du système. De ce fait, les descriptions d’état représentent les
m o n d e s p o s s i b l e s d e L e i b n i z o u l e s é t a t s d e c h o s e s p o s s i b l e s d e
Wittgenstein. 1 » Cette transposition de la notion leibnizienne de monde
possible s’appuie évidemment sur une analogie réelle. Mais il y a également
une différence importante qui ne l’est pas moins. Une description d’état
carnapienne fixe simplement un comportement donné de tous les individus
du monde particulier dans lequel on se situe par rapport à toutes les
propriétés et relations dont il est question dans le système. Un monde
possible leibnizien est déterminé, en revanche, par l’existence d’une classe
d’individus qu’il ne partage avec aucun autre (un individu n’appartient
jamais qu’à un seul et unique monde possible) et qui sont tels qu’il peut
être reconstruit en totalité à partir du concept complet de n’importe lequel
d’entre eux. « Vrai dans tous les mondes possibles », au sens de Leibniz,
ne coïncide donc pas, c’est le moins qu’on puisse dire, avec « vrai dans
toutes les descriptions d’état », au sens de Carnap.
17
L’autre idée importante que les logiciens modernes ont pu trouver chez
Leibniz est l’insistance sur les « arguments formels », ou comme il dit les
« argumenta in forma », qui sont mécaniquement testables et, selon une
expression, que lui-m ê m e u t i l i s e , « infaillibles ». P a r l a n t d e l a
Caractéristique universelle, il écrit : « Les hommes trouveraient par là un
juge des controverses vraiment infaillible. Car ils pourraient toujours
connaître s’i l e s t p o s s i b l e d e d é c i d e r l a q u e s t i o n p a r l e m o y e n d e s
connaissances qui leur sont déjà données, et lorsqu’il n’est pas possible de
se satisfaire entièrement ils pourront toujours déterminer ce qui est le plus
vraisemblable. Comme dans l’arithmétique on peut toujours juger s’il est
possible ou non de deviner exactement le nombre que quelque personne a
dans la pensée sur ce qu’elle nous en a dit, et souvent on peut dire : cela
doit être l’un de deux ou de trois, etc. tels nombres, et prescrire des bornes
à la vérité inconnue. En tout cas, il importe au moins de savoir que ce qu’on
demande n’est pas trouvable par les moyens que nous avons. » [OFI, 26]
18
L’exigence de formalité a reçu une attention de plus en plus grande au
cours du XIXe siècle et elle a conduit finalement à la construction de
systèmes formels pour différents domaines majeurs des mathématiques.
Mais il a fallu attendre encore un peu plus, en fait jusqu’à la fin des années
1920, pour que la question qu’évoque Leibniz dans la dernière phrase, à
savoir celle de la complétude et de la décidabilité, formulée à propos des
systèmes formels eux-mêmes, soit posée explicitement et résolue. Ce qui
pourrait ressembler ici à une sorte de paradoxe est le fait que ce soit
précisément Gödel qui a contribué de la façon la plus décisive à tempérer ce
qu’on pourrait appeler l’enthousiasme leibnizien en démontrant un certain
nombre de résultats négatifs essentiels sur les possibilités des systèmes
formels. Dans tout cela, bien sûr, une incertitude demeure sur ce qu’il faut
entendre ici exactement par la notion de procédure formelle ou mécanique.
C’est seulement après la découverte de Gödel que Turing a réussi à clarifier
en 1936 ce que l’on veut dire lorsqu’on parle d’une procédure mécanique
19
ou d’un algorithme. Gödel a toujours considéré ce qu’a fait sur ce point
Turing comme une découverte majeure et exemplaire ; et on pourrait être
tenté de considérer qu’elle permet d’appréhender pour finir avec une
précision complète et définitive l’essence de ce que Leibniz entendait par
un « argument formel ».
Les historiens de la philosophie, toujours soucieux d’éviter les projections
anachroniques, diraient sans doute que ce qui est en question chez
Leibniz, lorsqu’il parle de procédures de décision qui opèrent uniquement
sur des symboles ou des combinaisons de symboles et qui peuvent être
appliquées de façon mécanique et infaillible, n’est pas tout à fait la même
chose que ce que l’on entend aujourd’hui par là et pourrait même être
sérieusement différent. Et il est probablement vrai qu’il faut résister à la
tentation de faire de Leibniz un formaliste ou un mécaniste enthousiaste et
naïf qui n’était simplement pas encore averti de ce que nous savons depuis
Gödel. Mais il faut remarquer que Gödel lui-même avait sur l’histoire des
concepts une idée qui n’est pas celle des historiens de la philosophie et
probablement pas non plus, du reste, la nôtre en général. Il pensait que,
dans ce cas-là comme dans beaucoup d’autres, Turing nous a seulement
permis d’accéder à une perception plus distincte d’un concept qui pouvait
très bien être déjà celui de Leibniz. Ce qui a changé n’est pas pour lui le
concept, qui était là depuis le début, mais la perception que nous en avons.
20
Il convient ici de souligner à quel point Leibniz aurait trouvé étrange la
séparation et même parfois l’incompréhension caractérisée qui semblent
s’être instaurées aujourd’hui entre la logique et les mathématiques.
C o n t r a i r e m e n t à c e q u’e s p é r a i t G ö d e l , b i e n d e s m a t h é m a t i c i e n s
contesteraient sans doute aujourd’hui que le théorème de Gödel ait quoi
que ce soit à voir avec les mathématiques proprement dites. Pourtant,
lorsque Gödel fut fait docteur honoris causa de l’université de Harvard en
1952, il fut présenté comme « le découvreur de la vérité mathématique la
plus importante du siècle », une manière de décrire ce qu’il avait fait qu’il
apprécia particulièrement. La façon actuelle de concevoir les relations entre
les mathématiques et la logique ne correspond évidemment pas beaucoup
à l’idée qu’il s’en faisait, mais elle correspond évidemment encore moins à
celle de Leibniz.
21
Je ne pense pas ici au fait que Leibniz a été traité souvent comme un des
grands précurseurs du logicisme, autrement dit de la doctrine selon laquelle
les mathématiques sont simplement une branche de la logique, mais plutôt
au fait qu’il considérait manifestement comme futile la volonté de faire
passer une ligne de démarcation stricte entre les mathématiques et la
logique. Dans les Nouveaux essais, Théophile se livre à une apologie si
convaincante du syllogisme que Philatèthe lui-même finit par lui dire : « Je
commence à me faire une tout autre idée de la logique que je n’en avais
autrefois. Je la prenais pour un jeu d’écolier, et je vois maintenant qu’il y a
c o m m e u n e m a t h é m a t i q u e u n i v e r s e l l e , d e l a m a n i è r e q u e v o u s
l’entendez. » [NE, 432] « Dans toutes les sciences infaillibles, écrit Leibniz,
lorsqu’elles sont démontrées exactement, sont pour ainsi dire incorporées
des formes logiques supérieures qui, pour une part découlent des formes
aristotéliciennes, pour une autre recourent en plus à autre chose. » [PS VII,
519] Il n’en est pas moins vrai que les règles du syllogisme, que Leibniz
compare à celles de l’arithmétique des petits nombres, sont les règles
élémentaires que l’on doit impérativement connaître avant de passer à des
règles d’inférence plus compliquées.
22
D’A r i s t o t e , q u i a e u l e m é r i t e é m i n e n t d e s o u m e t t r e l e s f o r m e s
syllogistiques à un petit nombre de lois infaillibles, il dit, d’une façon qui a
de quoi surprendre un lecteur habitué à voir les choses à la façon de
Descartes et de ses héritiers modernes, qu’il a été, de ce fait, « le premier
qui ait écrit mathématiquement en dehors des mathématiques » [ibid.].
Écrire mathématiquement en dehors des mathématiques voulait dire,
justement, écrire sur des sujets qui ne sont pas mathématiques, et
peuvent même être quelconques, sous forme d’argumenta in forma. « Il faut
savoir, écrit Leibniz, que par les arguments en forme, je n’entends pas
seulement cette manière scolastique d’argumenter dont on se sert dans les
collèges, mais tout raisonnement qui conclut par la force de la forme, et où
l’on n’a besoin de suppléer aucun article, de sorte qu’un sorite, un autre
tissu de syllogisme qui évite la répétition, même un compte bien dressé, un
calcul d’algèbre, une analyse des infinitésimales me seront à peu près des
a r g u m e n t s e n f o r m e , p a r c e q u e l e u r f o r m e d e r a i s o n n e r a é t é
prédémontrée, en sorte qu’on est sûr de ne s’y point tromper. » [NE, 425]
23
Savoir si la réunification doit s’effectuer finalement au profit de la logique
ou, au contraire, des mathématiques, c’est-à-dire de ce que Leibniz appelle
une mathématique universelle, a une importance qui est évidemment
beaucoup plus symbolique que réelle. Historiquement parlant, la raison
pour laquelle Leibniz ne peut songer à maintenir une distinction stricte
entre les mathématiques et la logique est assez claire. On a tendance à
concevoir les mathématiques comme une théorie qui fournit le moyen de
calculer sur des nombres (et éventuellement des objets d’une autre
espèce) et la logique comme une théorie qui s’occupe de formuler les règles
24
3. Le programme leibnizien et la question des
« limitations internes » des formalismes
d e l a d é d u c t i o n c o r r e c t e . M a i s , p o u r L e i b n i z , c e t t e d i s t i n c t i o n n’est
qu’apparente, puisqu’il est probablement le premier à avoir souligné
explicitement que toute déduction est un calcul et, inversement, que tout
calcul, lorsqu’il est réellement mis en forme, se présente comme une
déduction, ce que montre clairement la démonstration qu’il donne de « 2
+ 2 = 4 » dans les Nouveaux essais. Wang, qui fait référence au passage
que j’ai cité sur le syllogisme, note que « les exemples montrent que la
conception de Leibniz incluait (ce qu’on appelle aujourd’hui) le traitement
de données et les manipulations de symboles non numériques » [RKG,
263]. C’est tout à fait évident. Mais il faut ajouter que Leibniz montre aussi
comment un bon nombre de calculs non numériques, à commencer par celui
du syllogisme lui-même, pourraient être transformés assez facilement en
calculs numériques. Comme le remarque Wang, Leibniz et Hilbert avaient
déjà suggéré tous les deux de remplacer les concepts ou les expressions
par des nombres. Et on se demande parfois si Gödel s’est inspiré aussi de
Leibniz pour l’invention de sa technique de numérotation des symboles et
des expressions. Je ne connais pas vraiment la réponse. Mais ce qui est
clair est que ce qui est réellement nouveau chez Gödel n’est pas l’idée de
remplacer les concepts ou les expressions par des nombres mais le fait
d’avoir développé systématiquement cette idée et surtout de l’avoir
appliquée à la représentation de concepts et de relations syntaxiques
cruciaux comme par exemple la notion de démontrabilité elle-même,
autrement dit d’avoir conçu l’i d é e d’une arithmétisation possible de la
syntaxe.
Peu avant la fin de son article sur « La logique mathématique de Russell »,
Gödel se réfère à nouveau implicitement à Leibniz, lorsqu’il essaie de
répondre à la question de savoir si les axiomes des Principia Mathematica
peuvent être considérés comme analytiques. On pourrait, selon lui,
distinguer deux sens du mot « analytique » : « En premier lieu, écrit-il, il
peut avoir le sens purement formel selon lequel les termes qui
apparaissent peuvent être définis (soit explicitement, soit par des règles
qui permettent de les éliminer des phrases qui les contiennent) d’une
manière telle que les axiomes et les théorèmes deviennent des cas
spéciaux de la loi d’identité et que les propositions réfutables deviennent
des négations de cette loi. En ce sens, on peut démontrer que même la
théorie des entiers n’est pas analytique, pour peu que l’on exige des règles
d’élimination qu’elles permettent d’effectuer réellement l’élimination en un
nombre fini d’étapes dans chaque cas. » [PM, 467] La raison de cela est
que, comme on le sait depuis Turing, si ce genre de chose était possible,
cela impliquerait l’existence d’u n e p r o c é d u r e d e d é c i s i o n p o u r l e s
propositions arithmétiques. Si l’on admet des réductions infinies, avec des
propositions intermédiaires de longueur infinie (ce qui correspond à la façon
d o n t L e i b n i z s e r e p r é s e n t e l a d é m o n s t r a t i o n d e s p r o p o s i t i o n s
contingentes), alors on peut montrer que tous les axiomes des Principia
sont analytiques pour certaines interprétations ; mais la démonstration
exige, remarque Gödel, « la totalité des mathématiques telle qu’elle est
appliquée à des phrases de longueur infinie […], par exemple, on peut
démontrer que l’axiome du choix est analytique, mais uniquement si on
l’assume comme vrai » [ibid.].
25
Ce concept de l’analyticité au premier sens est clairement inspiré de l’idée
leibnizienne que le propre des vérités logiques et mathématiques et des
vérités de raison en général est d’être réductibles à des identités explicites
par une suite finie d’opérations consistant à substituer l’u n à l’autre la
définition et le défini dans une proposition. En même temps, il pourrait
s e m b l e r q u e c e q u e d i t G ö d e l i l l u s t r e a v a n t t o u t l e c a r a c t è r e
dramatiquement insuffisant des moyens qui, selon Leibniz, suffisent à la
démonstration de toutes les vérités nécessaires. Mais il y a, heureusement,
un deuxième sens, plus large, du mot « analytique », et dont on peut se
demander s’il n’est pas au fond, lui aussi, leibnizien et même peut-être plus
proprement leibnizien. C’est le sens auquel une proposition est dite
« analytique » si elle est vraie « en vertu de la signification des concepts
qui y figurent », cette signification pouvant être elle-même indéfinissable
(c’est-à-dire, irréductible à quoi que ce soit de plus fondamental). Gödel
accepte l’idée que les propositions mathématiques, y compris celles de la
théorie des ensembles, sont analytiques, si cela veut dire qu’elles sont
vraies en vertu de la signification des concepts qu’elles contiennent, mais
évidemment pas si cela veut dire qu’elles sont vraies en vertu de règles ou
de conventions concernant la signification des symboles. Il note que « cette
conception concernant l’analyticité rend à nouveau possible pour toute
proposition mathématique l’éventualité d’être peut-être réduite à un cas
spécial de a = a, à savoir si la réduction est effectuée non pas en vertu des
définitions des termes qui apparaissent mais de leur signification, qui ne
p e u t j a m a i s ê t r e e x p r i m é e d a n s u n e n s e m b l e d e r è g l e s
formelles » [Russell : PM, 468, note 33].
26
Cela semble à première vue peu leibnizien, puisque Leibniz exige de toutes 27
les propositions mathématiques (vraies), y compris les axiomes de l’espèce
usuelle, qu’elles soient réductibles à des identités explicites et le soient par
l’intermédiaire de définitions. Mais, bien entendu, il ne suggère pas que
nous disposons d’ores et déjà pour tous les cas des bonnes définitions,
celles qui nous permettraient d’effectuer réellement la réduction ; et il
n’exclut pas non plus forcément que nous puissions être obligés d’ajouter
indéfiniment de nouvelles définitions sans réussir à épuiser par là la
signification des termes concernés. Une définition, une fois qu’elle a été
obtenue, peut être utilisée dans le processus de réduction comme une
règle formelle, et c’est de cette façon qu’elle doit l’être. Mais rien n’est dit
par là sur la façon dont nous pouvons parvenir, en raisonnant cette fois à
partir de la signification, aux bonnes définitions et pas non plus sur la
possibilité que la signification ne puisse jamais, dans certains cas, être
épuisée par une liste quelconque de règles formelles.
Dans un texte de 1972, « Some Remarks on the Undecidability Results »,
Gödel propose ce qu’il appelle « une autre version du premier théorème
d’indécidabilité », qui prend la forme suivante : « La situation peut être
caractérisée par le théorème suivant : pour résoudre tous les problèmes du
type Goldbach d’un certain degré de complexité k, on a besoin d’un
système d’axiomes dont le degré de complication, à une correction mineure
près, est ≥ k (le degré de complication étant ici mesuré par le nombre de
symboles nécessaire pour formuler le problème [ou le système d’axiomes],
en y incluant, bien entendu, les symboles qui figurent dans les définitions
d e s t e r m e s n o n p r i m i t i f s u t i l i s é s ) . O r t o u t e s l e s m a t h é m a t i q u e s
d’aujourd’h u i p e u v e n t ê t r e d é r i v é e s d’u n e p o i g n é e d’axiomes simples
portant sur un très petit nombre de termes primitifs. Par conséquent, même
si ne doivent être résolubles que les problèmes qui peuvent être formulés
en un petit nombre de pages, le petit nombre d’axiomes simples que nous
utilisons aujourd’hui devra être complété par un grand nombre d’axiomes
nouveaux ou par des axiomes d’une grande complication. On peut douter
que des axiomes évidents en aussi grand nombre (ou d’une complication
aussi grande) puissent tout simplement exister, et par conséquent le
théorème mentionné pourrait être pris comme une indication de l’existence
de questions mathématiques du type oui ou non qui sont indécidables pour
l’esprit humain. Mais ce qui parle contre cette interprétation est le fait qu’il
existe des séries inexplorées d’axiomes qui sont analytiques en ce sens
qu’ils ne font qu’expliciter le contenu des concepts qui y figurent (par
exemple les axiomes de l’infini dans la théorie des ensembles), qui
assertent l’existence d’ensembles de cardinalité de plus en plus grande ou
de types transfinis de plus en plus élevés et qui ne font qu’expliciter le
contenu du concept général d’ensemble. Ces principes montrent qu’un
nombre toujours plus grand d’axiomes (et d’axiomes toujours plus
compliqués) apparaît au cours de l’évolution des mathématiques. Car, ne
serait-ce que pour comprendre les axiomes de l’infini, on doit d’abord avoir
développé dans une mesure considérable la théorie des ensembles. » [CW
III, 306 ; cf. Cantor : PM, 476-7]
28
Un équivalent de cela, dans la conception que Leibniz a de la situation,
serait peut-être le suivant. Supposons que, comme nous devrions en
théorie le faire d’après lui, nous n’acceptions comme axiomes, au sens
strict, que des propositions qui ont la forme d’identités explicites, partielles
ou totales. Dans ce cas, toute la créativité et la capacité de décision du
système se reportent sur les définitions elles-mêmes. Et nous pouvons être
a m e n é s , b i e n e n t e n d u , à a d o p t e r u n n o m b r e d e p l u s e n g r a n d d e
définitions et de définitions de plus en plus compliquées pour les termes
utilisés. Une fois adoptées, ces définitions viendront s’ajouter dans les
déductions, comme des vérités primitives supplémentaires, aux axiomes du
système. Mais il est essentiel de remarquer que, pour Leibniz, même si elle
est utilisée du point de vue formel comme une convention d’abréviation,
une définition comporte toujours initialement une assertion implicite de
possibilité. Gödel dit que les axiomes mathématiques, même s’ils sont
analytiques, doivent avoir un contenu réel, parce que « l’existence même
du concept de “classe”, par exemple, constitue déjà un axiome de cette
sorte ; puisque, si on définissait, par exemple, “classe” et “∈” comme étant
“les concepts qui satisfont les axiomes”, on serait incapable de démontrer
leur existence » [Russell : PM, 468, 33n]. On peut faire une constatation du
même genre à propos des définitions leibniziennes, puisque ce qui
correspond pour les concepts à l’existence pour les individus – à savoir la
possibilité (ou, comme dit aussi Leibniz, la vérité) du terme considéré – y
est impliqué.
29
Sur la question de la vérité des axiomes, Gödel dit en fait deux choses à
première vue très différentes, dont on peut se demander si elles n’ont pas
aussi un équivalent chez Leibniz. « Il peut, écrit-il, y avoir des axiomes qui
abondent à un point tel dans leurs conséquences vérifiables, qui jettent
t e l l e m e n t d e l u m i è r e s u r u n d o m a i n e e n t i e r e t q u i f o u r n i s s e n t d e s
méthodes tellement puissantes pour résoudre les problèmes (et même
pour les résoudre de façon constructive, pour autant que c’est possible)
que, quoi qu’il en soit de la question de savoir s’ils sont ou non
intrinsèquement nécessaires, ils devraient être acceptés au moins dans le
30
même sens que n’importe quelle théorie physique bien établie. » [Cantor :
PM, 477] Autrement dit, Gödel reconnaît volontiers, à côté de l’intuition
mathématique, l’existence et l’importance d’un autre critère, que l’on peut
qualifier de « pragmatique », pour la vérité des axiomes. La même dualité
se retrouve certainement de façon typique chez Leibniz, avec d’un côté
l’idée que tous les axiomes devraient en principe pouvoir être réduits par
l’analyse des concepts à des identités explicites, qui constituent les seules
propositions qui soient absolument certaines et évidentes, et de l’autre le
pragmatisme en ce qui concerne la question de l’acceptabilité des axiomes
dans la pratique réelle du mathématicien. Une bonne partie des axiomes
qu’utilisent les mathématiciens appartiennent, pour Leibniz, à une catégorie
intermédiaire : ce ne sont pas des identités explicites, ils n’ont pas de
nécessité intrinsèque qui puisse être aperçue clairement ou rendue
manifeste par la seule analyse des concepts qu’ils impliquent, et ils ne sont
justifiés, pour l’essentiel, que de la deuxième des façons que distingue
G ö d e l . L e i b n i z e s t , p o u r r a i t-on dire, un praticien beaucoup trop
remarquable en mathématiques pour trouver cette situation anormale ou
inquiétante. Mais il y a un point sur lequel il est certainement beaucoup plus
optimiste que nous ne pouvons nous permettre de l’être aujourd’hui. Il
pense que tous les axiomes authentiques possèdent par essence ce que
Gödel appelle une nécessité intrinsèque, et que nous devrions pouvoir en
principe la découvrir. Que nous ne l’ayons pas fait jusqu’ici pour certains
d’entre eux, sur la vérité desquels il n’y a en pratique aucun doute
raisonnable, ne menace, bien entendu, en aucune façon la solidité de
l’édifice mathématique. Mais il n’en est pas moins vrai que nous ne devons
pas renoncer à essayer, et pouvons même a priori être certains que c’est
possible, sans quoi on ne saurait tout simplement pas ce qu’on veut dire
quand on dit des axiomes en question qu’ils sont vrais.
J’ai évoqué plus haut la tentation que l’on pourrait avoir, et que l’on a
parfois, de considérer Leibniz comme un formaliste et un mécaniste naïf qui,
d’une part, fait preuve d’un optimisme tout à fait excessif (de notre point de
vue) à propos de ce que l’on peut espérer dans ce domaine et, d’autre
part, ne semble pas suffisamment attentif au risque de trivialisation
complète que semble comporter la perspective d’une formalisation complète
des mathématiques. Du point de vue historique, il est curieux de constater
que, si la complétude syntaxique de l’arithmétique formelle (l’existence,
pour toute proposition, d’une démonstration ou bien de la proposition ellemême,
ou bien de sa négation, dans le système formel concerné) était
attendue par beaucoup de gens, la décidabilité, en revanche, ne l’était pas,
en dépit du fait qu’elle en constitue bel et bien une conséquence logique (la
complétude sémantique, en revanche, n’implique évidemment pas la
décidabilité). De toute évidence, la décidabilité était considérée souvent à
l’époque comme une propriété plus forte que la complétude (Wang voit là
un bon exemple du fait que les croyances ne sont pas fermées par rapport
à la relation de conséquence logique). Il a fallu attendre l’article fameux de
Turing auquel j’ai fait allusion plus haut pour que l’on prenne conscience du
fait qu’un système formel complet est également décidable, puisque, si p ou
sa négation sont démontrables dans le système, une énumération de
toutes les suites de formules qui constituent des candidats possibles au
statut de démonstration de p ou de non-p doit nécessairement se terminer
à un moment donné par l’indication d’une suite de l’une ou de l’autre
espèce qui fournit la réponse à la question posée. Comme l’ont fait
remarquer après coup les historiens de la logique, il est probable que, si on
avait su cela dès le début, on aurait été beaucoup moins enclin à espérer
et un peu plus à redouter la complétude, puisque son existence, si elle
avait été réelle, aurait impliqué celle d’une procédure mécanique qui
garantit la possibilité, au moins en principe (autrement dit, à condition
d’être prêt à attendre suffisamment longtemps), d’obtenir, même pour une
proposition apparemment aussi « résistante » que, par exemple, le
théorème de Fermat, une démonstration de la proposition ou de sa
négation.
31
Leibniz était certainement convaincu d’avoir conçu un système dans lequel il
existe, pour toute proposition nécessaire, une démonstration ou une
réfutation de la proposition, dans un sens qui correspond déjà à la
conception « formelle-computationnelle » q u e n o u s n o u s f a i s o n s
aujourd’hui de la nature de la démonstration. Mais il ne semble pas avoir
jamais perçu ce que nous appellerions la complétude (syntaxique) de son
système comme une chose qui pourrait menacer en quoi que ce soit la
liberté et la créativité des mathématiques. Cela n’a rien de surprenant, si
l’on considère l’idée que l’on se faisait encore le plus souvent, à la fin des
a n n é e s 1920, d e s r e l a t i o n s q u i e x i s t e n t e n t r e l a c o m p l é t u d e e t l a
décidabilité. Et surtout, même s’il pouvait exister un système formel complet
pour les mathématiques dans leur ensemble, on peut penser qu’il y aurait,
de toute façon, encore une différence essentielle à faire entre savoir a priori
que le système contient nécessairement une démonstration ou une
réfutation de la proposition et être capable de trouver effectivement l’une
ou l’autre. Leibniz semble tout à fait étranger à la crainte que suscite
e n c o r e s o u v e n t l e s p e c t r e d e l a f o r m a l i s a t i o n c o m p l è t e e t d e l a
mécanisation, et il ne pense pas du tout que les droits et les privilèges de
32
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l’imagination mathématique aient réellement quelque chose à craindre de
lui. La découverte d’une procédure de décision « mécanique » ou, en tout
cas, mécanisable pour les mathématiques lui semble constituer avant tout
une des conquêtes les plus précieuses dont puisse rêver l’esprit humain, et
non le genre de dépossession ou d’humiliation dramatiques (Freud dirait
probablement de « blessure narcissique ») a u q u e l o n a t e n d a n c e à
l’identifier lorsqu’on pense que le rôle de l’esprit deviendrait, du même
coup, secondaire et même négligeable. Et il ne semble même pas gêné par
la perspective de l’existence d’une procédure du même genre qui pourrait
être appliquée non plus seulement à l’art de démontrer, mais également à
l’art d’inventer lui-même.
Ce n’est pas seulement, me semble-t-il, parce qu’il ignore encore des
choses essentielles que nous avons apprises depuis, en particulier grâce à
Gödel. C’est aussi parce qu’il a une appréciation plus saine que beaucoup
de nos contemporains de ce qu’est la situation réelle (j’entends par là des
risques, des gains et des pertes réels qu’implique, de façon générale, la
mécanisation des tâches intellectuelles) et parce qu’il est, pour sa part,
également à l’aise et également incomparable dans deux tâches entre
lesquelles il ne perçoit aucune incompatibilité et que personne aujourd’hui,
pour des raisons que l’on comprend aisément, ne semble plus capable de
mener de front : celle de la reconstruction et de la systématisation
logiques, et celle de la création mathématique proprement dite.
33
I « … nec tantum obtinebunt, dum stabit Mundus, sed etiam obtinuissent si DEUS
alia ratione Mundum creâsset.
Notes
1 Rudolf Carnap, Meaning and Necessity. A Study in Semantics and Modal Logic,
The University of Chicago Press, Chicago/Londres, 1956, p. 9. (Signification et
nécessité, traduction par François Rivenc et Philippe de Rouilhan, Gallimard, Paris,
1997, p. 58.)
Note de fin
Référence papier
Jacques Bouveresse, « Utopie et réalité : Leibniz, Gödel et les possibilités de la
logique mathématique », in Essai V – Descartes, Leibniz, Kant, Marseille, Agone
(« Banc d’essais »), 2006, p. 141-165.
Référence électronique
Jacques Bouveresse, « Utopie et réalité : Leibniz, Gödel et les possibilités de la
logique mathématique », in Essai V – Descartes, Leibniz, Kant, Marseille, Agone
(« Banc d’essais »), 2006, [En ligne], mis en ligne le 11 mars 2009, Consulté le 21
décembre 2009. URL : http://agone.revues.org/index216.html
Pour citer cet article
© Agone
Droits d’auteur
Source : Agone. Revue.org
IDEES ET DEBATS CONTEMPORAINS
Posted in Philosophy on April 15, 2010 by saiigainDe la philosophie contemporaine : Dialogues entre un profane et des philosophes universitaires
Confrontation d’idées au tour d’un texte thématique intitulé : NOTIONS / Peuples et Religions
En guise d’énumération, histoire de fe(i)ndre le concret
Les différentes communautés religieuses des 3 monothéismes Comme nous l’avons fait remarqué dans un précédent article en nous appuyant sur les écrits d’un historien israélien anti-sioniste Shlomo Sand : Il n’y a pas UN peuple juif, il n’y a pas de peuple juif. Le peuple ainsi entendu est un leurre : qu’y a-t-il de commun entre des Juifs d’Ethiopie, des juifs yéménites, des Sépharades, des Rhadanites, des Khazars (anciens nomades turcs convertis au judaïsme), les Hébreux noirs actuels qui souaitent se distinguer des juifs noirs d’Amérique, sinon la lecture d’un livre comme la Torah ? Pour les différentes branches du judaïsme, précisons qu’il s’agit d’un judaïsme talmudique ou rabbinique basé non seulement sur la lecture de la Torah mais l’interprétation des différents Talmud qui sont autant de lois morales. En plus du judaïsme talmudique, il existe le judaüsle karaïte qui essaya lui de se greffer directement sur l’histoire des Khazars. Si certaines de ces communautés refusent le Talmud, nombre de chrétiens qui admettent la bible refusent les encycliques papales. Nous allons y revenir tout celà pour dire que derrière la “vérité” d’un prophète, il y a toujours tout une série de courants cléricaux qui par leurs écrits se revendique de la parole du prohète qui lui n’écrit jamais. Cette dégénérescence de la “Vérité” en des “Lois” morales avant tout, se retrouve dans le mode transcendant de la philosophie avec Platon qio détenant la vérité socraitque énonce ses lois morales pour la cité. Pour les musulmans aussi, ils s’accordent sur le coran et les écrits abrahamiques falsifiés mais non pas sur le corpus des hadiths qui constituent la loi islamique (charia). Mais comme chez les autres momnothéismes il y a des divergences, cela ne fait pas de doute un prophète a toujours des problème d’héritage. Il est alors difficile de parler de peuple musulman quand on sait qu’il existe parmi ceux-ci des berbères (d’abord convertis au judaïsme puis à l’Islam et qui envahirent l’Espagne comme le montre la relation d’Avéroès et Maïmonide), des arabes et des turcs qui comme les Khazars résistèrent longtemps à la poussée arabe. Pour le dire en d’autres termes Sunnisme, Chiisme, Ibadisme (Oman, Djerba, certains Berbères), Druzes (Chiites du sud du Liban qui descendent de l’Ismaélisme), Alévites et Soufites de Turquie ne sont pas des histoires de clochers mais de minarets. Les muslmans reconnaissent les écrits des différentes religions abrahamiques mais considèrent leur écrits comme falsifiés par le temps : le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d’Abraham), la Tawrat (le Pentateuque ou la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l’Injil (l’Évangile). Au Coran et au Hadiths ils ajoutent deux autres sources littérales à l’islam (l’unanimité (ijma’) et l’analogie (qiyas). Petit rappel, pour les chapelles, pensera christianisme latin, copte, orthodoxe, charismatique, aux protestantismes luthérien, calviniste, baptiste, méthodiste, memonnite et évangélique pour ne citer qu’eux… Pour les différentes éthnies on se rappelera… …les mises en garde d’Etienne Balibar face au retour d’éthnicité de ces vingt dernières années pour dire que les nations pas plus que les peuples n’ont des “origines éthniques” (cf. Race, nation, classe, les identités ambiguës). …Les notions de “race” et d’ “éthnies” sont désastreuses de même que celle de peuple est douteuse par avance. Nous avons déjà attaqué la notion de peuple et montrer combien cette critique relève d’un anti-humanisme que l’on retrouve chez Foucault et Althusser. Sous le vocable de peuple, on se sert en quelque sorte de la crédulité et de la moralité des citoyens pour les désarmer de leur puissance. On les réarme en les tirant au sort dès lors que des textes ou des aristocrates de la République sont là pour tenir la lettre de notre mémoire collective. Rappelons le traité de la constitution française, qui correspond à un régime représentatif plus qu’affectif. Ce qui est nommé peuple est d’emblée trahi alors que comme le diront certains philosophes c’est un peuple à venir (comprenez une nouvelle affectivité) qui est appelé par les créateurs. Le prétendu peuple et tout ce que l’on range sous cette forme de passivité est spolié par ses représentants, qui tot au tard se reproduisent en corps d’élite et en dynastie de gouvernants. Les tirés au sort doivent se protéger des services secrets et des sociétés secrètes qui n’oeuvrent pas pour le développment des infrastructure mais fomentent des prises de pouvoir ou des dissentions. Qui oeuvre pour le développement réel de l’économie n’a pas à se cacher. C’est peut-être là l’une des plus grandes subversions. Par Anthony – Publié dans : Lexiques et notions – Communauté : La commune des philosophes Profane (se prononçant sur le contenu du texte) : -Bonjour, Celà dit, il me semble en tant que lecteur profane et amoureux de la philosophie que les propos qu’il renferme sont biaisés en partie en raison des orientations idéologiques et preconçues de ses intervenants mais aussi des affirmations gratuites que l’on reprend à son compte sans pour autant faire une analyse critique et philosophique du sujet.Par ailleurs, j’ai l’impression que certain nombre d’amalgames y regnent. Je crois savoir qu’il faille distinguer les limites raisonnables de la sphère sociologique de celle idéologique et theologique;Ne point confondre le religieux d avec le politique. Le denominatif de “peuple” dont il est question peut sembler equivoque.Toutefois, lorsqu’on analyse de près sur un plan historique et religieux, le voile se dissiperait.Au terme “peuple” peut se substituer la notion de “groupements humains” ayant des valeurs socio-religieuses car n’oubliant pas que l’homme est avant un etre fondamentalement religieux. Et Le fait de partager des valeurs communes a la fois sociologique, humaines, humanistes,spirituelles,religieuses ensemble en plus de la forme de société adoptée par le groupement humain avec ses symbolismes specifiques constituent une ebauche de la notion de “peuple”. Le Livre révélé des juifs est un concentré de valeurs communautaires notamment spirituels.le simple fait qu’ils aient ce livre en partage avec des enseignements de source judaique passe pour les unir suffisamment pour s’estimer peuple. Par ailleurs, vous entretenez un amalgame du religieux et du civilisationnel. Vos propos sur l’islam,dans une moindre mesure le christianisme et le judaisme sont sujets à caution.Ils necessitent une étude approfondie de votre part.Vous soutenez des affirmations sans avances des preuves palpables et d’exemples concrets et d’autorité suffisante.L’islam n’est pas que de religion.C’est un principe, une notion, une spiritualité, une loi, un mode de vie, un concept de vie, un ensemble de principes de vie de source divine, un ensemble de cultures et données sociologiques sur les us et coutumes d’un groupe de communautés. Donc, restreindre l’islam comme vous le faites dans cette optique, c’est perdre de vue tout un pan de la civilisation islamique. Meme si la notion de peuple musulman ou islamique est incoherente car c est une religion, une civilisation, l islam qui en appelle aux autres à adhérer à ces principes de paix, de cohesion, de modes de vie.Il y a lieu de faire une distinction entre les notions de peuple, communauté, groupement humain, etc Philosophe(s)(s’exprimant sur les arguments avancés) : -Je me permet de repondre à votre élégante rhétorique du “oui mais”. Comme vous pouvez le lire dans nos post nous ne pratiquons ni l’analytique ni la dialectique en premier ressort. Faire de l’Islam une civilisation, c’est confondre car si je ne m’abuse le premier pilier de l’Islam est religieux : c’est la profession de foi qui dit qu’il n’y a que le Dieu abrahamique et que mahomet (le législateur moral) est son prophète. Le second est religieux : la prière. Le jeûne de purification le mois du Ramadan est aussi un précepte religieux ainsi que le cinquième pilier qui consiste à faire le pélerinage à la Mecque en raison du premier précepte. Il n’y a que la Zakat (l’aumôn à hauteur du dixième de ses revenus) qui ne soit pas religieux. Mais j’ai du mal à voir l’islam autrement que comme une religion. L’Islam n’en appelle pas toujours à la paix, de même que la chrétienneté papale pouvait en appeler aux croisade. Mahomet fut un conquérant et un grand juge moral. Mais si vous pensez à l’islam comme on a pu pensé à la Chrétienneté alors l’Islam est aussi une civilisation puisqu’elle repose sur des préceptes moraux. Qui plus est vous êtes vous même pris dans des aspect idéologiques qui sont un ensemble de préjugés moraux, socaux et religieux. Ce que vous ne semblez pas voir c’est qu’au peuple qui bon dos (au vu de tout ce que l’on peut raconter sur son compte) on adjoint toujours le principe de souveraineté. C’est cela que nous remettions en cause. Le clérical et la souveraineté, bref l’esprit de troupeau. Mais bien entendu nous pourrions parler de “peuplements humains” mais cela me semblerait mijoré et eviter la conception PROFANE dont vous parliez. Quant à savoir si l’idéologie énoncée ici est profane ou paienne, ne jugé pas trop vite. Profane (répondant aux critiques des philosophes) : -Cela se voit que vous savez peu de la religion islamique;Chose qui tend à affirmer mes propos d’avant.J’ai bien l’impression que vous caricaturez egalement la religion islamique.Si vous le savez pas, l’islam n’est pas que de religion.Il passe pour etre une civilisation egalement.Ceci est confirmé par les ecrits et les etudes d’islamogues tels Ramadan Tariq.D’ailleurs, le dictionnaire fait une difference nette entre l’islam, qui est la religion, et Islam qui fait reference à la notion de Civilisation Islamique. Sachez aussi que l’islam ne se limite pas uniquement aux piliers sus cités.Il y a en effet d’autres articles de foi tout aussi importants que ceux annoncés. Philosophes (répliquant aux critiques précédents) : -Vous vous répétez, la civilisation islamique comme la civilisation chrétienne ont une base religieuse, je n’ai fait qu’énoncer quatre des cinq piliers. Ensuite qu’une morale soit associée à une religion et qu’au final cela fixe une civilisation est dans le cours des choses. Mahomet entre deux conquêtes et ses trois femmes rendaient des jugement moraux devant la communauté, ce sont ces jugements moraux qui forment les Haddiths, et c’est dans ces lois qui suivent le texte prohéptique (Torah, Bible ou Coran) qu’une religion est attaquable, parce qu’elles sont des domptage de l’énergie. Quant à Tariq Ramadann a un discours de prêtre (oh oups d’imam), pour justifier la pratique de l’islam dans la république. Si cela peut permettre aux musulmam de mieux s’accorder dans la socité tant mieux, mais je ne crois pas que cela qe limite à cela, car il pratique comme tout prêtre ) l’exemple de Badiou le double discours. A part cela vous avez une vie limité sur ce que je pense de l’Islam. Mais je continu à m’attauqer au théologico-politique dont Tariq Ramadamn n’est pas loin, je pense à sa proximité avec les frère musulman. Mais à chacun sa liberté de croyance. Profane (argumentant contre les positions des philosophes) : -La « civilisation occidentale » parait inseparable de ses flancs religieux pour ainsi dire chrétiens. L’histoire nous eclaire suffisamment sur les liens de la chretienté,donc de l influence considerable de la religion,sur les fonds baptismaux de la civilisation occidentale sans oublier l apport de la sagesse et de la science de la periode d’or de l’islam,l’époque médiévale. Je n’ai pas l’impression de me repeter,mais plus de vous rappeler au mieux faire une mise au point. Je ne cite Ramadan que par rapport aux contenus intellectuels de ses ouvrages connus sur l islam. Je juge de rien par rapport à ses affiliations ou influences religieuses.Critiquer les idées et non les personnes,voila l esprit de la philosophie. -Bref il a des idées de prêtre
. Mais je n’ai pas envue de me lancer dans l’étude de son double discours
. Cette chose est assez fastidieuse, pour l’avoir fait chez d’autres imposteurs, car à la base il n’est pas imam. De la philosophie contemporaine : Dialogues entre un profane et des philosophes universitaires Débat d’idées autour de la thématique de la philosophie post-moderne : L’ Après Einstein et le Devenir des systèmes de pensées philosophiques Profane (débutant l’analyse) : -Tout d’abord, Je vous souhaite de continuer sur cette lancée dynamique de la reflexion philosophique.Celà dit, une grande partie de la problematique de votre sujet est attrait à l’histoire de la philosophie et de ses rapports avec la science postmoderne.Il faut dire que la notion de dualité qui a jalonné la reflexion philosophique Pensée-étendue,corps-esprit,matiere-vivant etc meme si elle porte en elle une certaine ambivalence traduise ,n est ce pas,la dynamique meme de la pensée philosophique.Elle permet par l’opération de synthese justement qui permet une certaine ouverture par rapport à la problématique et permet d’aller au delà de celle ci et aborder un aspect plus pertinent du probleme.La notion de synthese passe pour depasser la portée specifique du sujet à traiter.Meme si la dialectique a ases limites, il n’empeche qu’elle permet une certaine appreciation notamment critique et permettant par là une synthèse plausible des faits. Il n ‘y a point de doute que la pensée quantique si je peux la nommer ainsi à contribuer à apprehender une nouvelle realité au delà de la simple vision stationnaire ou du repos de la matiere fusse t elle inerte ou pas.Je tiens toutefois à rappeller et selon l’interpretation relative de la pensée critique de kant que les limites de la raison passent pour etre intrinsèques.La raison a ses limites propres au delà desquelles l’esprit divague, se complait dans l’abstrait et l’absurdité manifeste; Pour ce qui est du devenir de la philosophie, son histoire nous enseigne et celà ne date pas seulement des philosophies socratiques ou post-socratiques qu’elle a toujours été jalonnée par 4 courants principaux de pensée:L’idéalisme,le materiaslime,le scepticisme, et ce que certains nomment le mysticisme; Toute la phenomenologie de la pensée humaine se situe dans ce cadre.L’Esprit humain a tres souvent sinon toujours referé à l’un ou l’autre de ses courants pour mener sa reflexion critique elle basée sur les fondements, les pre supposés, les axiomes, les verités non prouvées passant pour universelles .Comme l’on dit il faut bien partir d’une supposition logique et raisonnable pour jeter les bases d’une reflexion nourrie meme si celle ci passe pour etre admise;Autrement, c’est un enchainement sans fin de causalité, de cause,principe, consequence à l’infini.Il est de forte chance que l esprit humain soit circonscrit à ces differents courants de pensée.Les nouveaux concepts philosophiques ou jugés comme tels ne semblent rien decrire de nouveau. Ils ne font qu’interpreter l’impression de realité, ils ne font qu’une epistemologie de la science;La science semble bien prolonger de nos jours la reflexion philosophique.Bien sur face à de nouvelles realités comme celles du monde quantique, il faille inventer des termes, des notions, des paradigmes nouveaux, voire un nouveau jargon philosophique mais en grande partie, tout ceci est attrait à la dimension philosophique par leurs versants abstraits. La philosophie ne pretend pas apporter une vision fidèle de la realité, elle l’interprète.Elle a aussi ses limites apparemment tout comme la raison . La notion de perception, les nouvelles théories des cordes multiples qui decoulent de la physique quantique depassent largement le cadre de la relativité restreinte.Elles debouchent sur ce que j’oserai appeler”l’illusion du vrai”.Non seulement leur interpretation deborde la reflexion philosophique ou se limite a peine a l’entendement, mais elle depasse la notion de ce qui nous semble etre “reel” et une interpretation par notre cerveau de ce reel, la perception.Elle parait etre la victoire apparente de l’imagination sur l’esprit philosophique tant ses ambitions sont divines puisqu’elles pretendent à une theorie finie de la nature. La théorie du tout,but ultime des sciences notamment de la matière et du vegetal.Les structuralistes ont apporté une vision pertinente de l’impact des superstructures sur notre perception de la realite, de ce qui est, ainsi que du réel.Toutefois, leur reflexion est limitée dans la durée.Vous pouvez lire l’ouvrage “Le Begaiement des Maitres”, ouvrage qui souligne les limites mieux les insuffisances de la pensée de foucout notamment et Deleuze.Il y a lieu d’elargir le cadre de la philosophie, de depasser la dialectique et d’apprehender de nouvelles realités par la pensée;Et ceci passe par l’acception d’une nouvelle regle de logique differente de celle d aristote ou de celle boolienne. Nous devons jeter les fondements d’une nouvelle logique basée sur des suppositions admises comme telles et en accord avec le bon sens comme le soutiennent les theories des lignes paralleles. Philosophes (appréciant l’analyse commentée) : -Merci de ce commentaire. Mais qui vous dit que la théorie du tout est le but ultime de la science, il n’y a pas d’unification possible de régime de pensée si différent; C’est une simple vue de décadent. Pensez à Charpak, Feynmann, Tesla, Maxwell et bien d’autres.Je prolongerai mon commentaire plus tard. Réponse de Anthony(de la Commune des philosophes) Profane (éclairant son argumentation) : -Il n’est pas un secret pour ce qui s’y connaissent que la science a toujours cherché à connaitre une theorie unifiée des lois fondamentales de la nature.D’ailleurs, Ralph Waldo Emerson, ne disait il pas que all sciences have one aim, namely, to find a theory of nature.Donc, depuis les debuts de la philosophie, aux theories de l’alchimie,jusquà la theorie des multiples cordes en astrophysique, il n’est pas rare de constater de telle observation.Mais parfois,il faut savoir se rendre aussi à l’evidence.Il y a loin de la coupe aux lèvres. Philosophe(s)( rejetant des arguments avancés) : -Contre vérité flagrante, la science Grecque, qui est à l’origine de la science moderne (toutes deux partant de l’astronomie plus que de l’étude des océans) ne chercait pas une theorie unifiée des lois fondamentales: Pensez à l’éspitémè de Platon et Aristote.La théorie des cordes étant à une échelle infinitésimale retombera comme la théorie démocritéenne des atome toujours sur ses pattes, mais c’est de la foutaise thjéorique que de partir d’une équation d’Escher. Réponse de Anthony Profane (argumentant contre les thèses avancées par le camp adverse) : -Vous pretendez que les philosophies n’ont point eu l’idée ou la pretention de se frotter à la theorie pretentieuse du tout.Pourtant, bien de penseurs se sont exprimé sur cette theorie du “TOUT”.Du penseur americain Ralh Waldo Emerson, avec notamment sa fameuse citation”all sciences have only one aim, namely, to find a theory of nature”, à Stephen Hawkings: Stephen Hawking: « [...]L’ultime but de la science est de fournir une théorie unique qui décrive l’univers dans son ensemble. [...] [...] je pense qu’il y a de bonnes chances pour que l’étude de l’univers primitif et les exigences de la logique mathématique nous amène à une théorie complètement unifiée durant la vie de certains de ceux qui nous entourent aujourd’hui, [...] Cité dans: Jaffelin, Jacques, Le promeneur d’Einstein, Méridien et cerf, 1991. p.86. D autres auteurs dont j’en passe se sont exprimé en faveur de cette thèse également.. Pretendre que la science, ou la philosophie n a jamais eu cette idée ou pretention d’aborder la theorie du tout que certains referent à a la theorie unifiée serait contre verité . Philosophe(s)(prenant le contre-pied des arguments avancés ci-dessus) : -Ce sont tous des scientifique post-galiléléens. Du fait de la rupute de symétrie. Je vous les donne.La brisure spontanée de symétrie qui casse tout cohérence. http://paris8philo.over-blog.com/article-3959720.html La sicence chez les Grecs : http://www.paris-philo.com/article-6036000.html La science énonce-t-elle des certitudes http://www.paris-philo.com/article-6255707.html (un texte de Carlo Rovelli) La théorie du tout est une chimère, dans le cas contraire il n’y aurait lus rien à chercher, pourtant il y a des scientifique qui partent de Tesla, d’autres qui étudie les colles, d’autres les réseau cristallin. Mais tout ceux qui veulent mettre le réel en opération (j’insiste suer le terme opération et non équation) sont des décadent. Au contraire de philosophes comme Bergson, Sartre ou Marx qui pône une forme de contingence radicale qui resiste au déterminisme. Que faire dans tout ça de la vie. Surtout s’il n’y a pas de matière. La seule dimension d’esprit (l’instance humaine croit agir la matière) est l’audacve raisonné. Mais l’audace procède par brèche, par avancée, non par arrasement, par conciliation de tout ce qui dépasse entre les diverse théories inconciliables. Tesla ou Edison qui se moquaient pas mal de la Théorie du tout ont bien plus apporté à la sicence, quant à Hawking il n’a rien découvert sinon qu’il a vulgarisé les apories de la thoéorie de la rélativité. Reste l’hypothèse de micro trous et une belle approche de la mais il y a chez lui un côté illusioniste. Au passage la symétrie est une vue e l’”esprit” une certain configuration du cerveau à la percevoir, propre à des têtes maniaques. Maisi l y a une chose que je vous accorde c’est qu’à pratiquer de l’alchimie, à chercher la théorie sur tout ou finit par découvrir tout autre chose : les scientifiques (ceux de la science qui met en équation les relation constantes) dans nombre de cas sont des décadents, des hommes partiels n”ont des guerriers car il pense que la réalité peut être mise en opérations. C’est très différents des expérimentateurs comme Feynmann ou Tesla ou des géomètre pratique comme Monge. Pour en revenir aux théories du Tout : Simplement le domaine de validité des théories tient à une époque ou à un domaine de pertinence comme par exemple les théories qui posent la matière (alors que la masse de l’univers que nous maîtrisons sous le terme de matière n’est que de 5%, dans les 95 % qui restent peut-être peut-on y placer les neutrinos qui sont trop furtifs à notre empire). Le Tout est une chimère métaphysique de ce qui n’expériemente pas la science. Réponse de Anthony -Profane (répondant aux critiques des philosophes) -Il semble que vous y connaissiez,cher(s) ami(s) en théories physiques et en epistemologie(reflexion philosophique sur la science) voire a l’histoire des idées que cela soit par vos propres acquis ou via des recherches sur la toile. Aussi, je ne puis vous traiter de manquer de science voire de sagesse.Mais une chose que je semble constater ce que vos reflexions ne semblent point porter la marque d’un effort personnel critique.Vous semblez reprendre à vos comptes des affirmations et des idées toujours sujettes à caution chez les philosophes contemporains et grands epistemologues du moment.Les penseurs cités tels Bergon qui ont été de grands esprits critiques ont mis en place une forme genereuse d’interpretation et j’insiste bien sur le mot interpretation des theories de la relativité d’Einstein et plus generalement de la relativité en étudiant notamment les rapports entre l ‘espace, le temps, l etendue, le mouvant. Et en matière de philosophie,et ce qui caracterise bien celle ci, c est justement les interpretations des pensées et idées comme le soulignait Karl Marx;En ce titre, nul n’a monopole de Verité.Il existe des verités et non la Verité philosophique.Les interpretations de ces penseurs ont bien un coté partisan idélogiquement parlant et fondé sur des idées pré-conçues ou acquises au gré de leur circonstance de vie et de sagesse.Et sans me permettre trop de digression, les références d’autorité ne font guère preuves formelles.Elles ne sont que des idée-exemples pour illustrer une pensée donnée. Et comme les approches de ces penseurs passent pour etre des tentatives d explication et d’interpretations des pensées scientifiques, elles restent sujettes à caution.Du reste, les theories et les philosophies deterministes sont des approches qu ‘aujourd hui paraissent tout aussi plausibles que celles defendues par les partisants de leur refus.Elles font partie des « champs d’etude » de la philosophie au meme titre que le rationalisme ou le mysticisme. Et pour revenir sur des penseurs tels que j’ai enoncés à titre indicatif, Ralph Waldo Emerson n’est point un scientifique contrairement a Hawkings. Par ailleurs, si vous menez des recherches parallèles sur la notion d’unification et de comportement harmonieux des theories et principes ainsi que lois de la nature, vous noterez qu’elles ne dateraient point de la periode post galileenne contrairement à ce qu’on croit. Les premiers penseurs voire philosophes ne passent pas pour etre les philosophes grecs.L’on dit « l ‘on prette aux philosophes grecs », donc on leur attribue cet etat de fait passant pour admis;Sinon, les études philosophiques nous revelent les plausibilités des idées pas toutes mais un nombre impressionnant existant dans le sub continent indo pakistanais d’avant Socrates voire avant Virgile.Les penseurs d’orient ,indiens qu ils soient vediques ou brahmanes voire bouddhistes ont apparemment eu bien plus d influences sur les penseurs grecs qu’ils n’aient entre les grecs eux memes .Et une chose frappante est bien le parallèle et l’interpretation pratiquemment post moderniste que certains faisaient des comportements et mecanismes regissant tels des principles harmonieux au service d’une loi unique de la nature.Ils font ressortir une serie de pensées critiques tres proches voire identiques à celles des pensées de la physique post-relativiste.
Racisme Voilé ou Discrimination Subtile?
Posted in Humanities, Philosophy on April 15, 2010 by saiigainA propos Je dirai “Oui Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques”. [ Hosties noires, Prière de paix (1948) ] Léopold Sédar Senghor
De l’existence ou non des « Discriminations racistes » en France : « Racisme » fictif , réel ,ou apparent ?
La France, pays d’hospitalité légendaire et creuset des cultures d’ici et d’ailleurs, a toujours aspiré à traiter ses Enfants sur un même pied d’égalité. Qu’ils soient descendants d’anciens esclaves, qu’ils soient nés en France et nationalisés, qu’ils soient enrôlés dans l’armée française et contraints de mener batailles pour la libération de la patrie française, tous attendaient de leur cher pays un traitement juste et équitable sur le plan de la reconnaissance des actes honorifiques qu’ils ont posé ou sur le plan des droits humains ou encore sur la rétribution juste des sacrifices consentis de par le passé pour les préjudices subis au cours des siècles d’esclavage et de colonisation inhumaine. De leurs attentes nombreuses, très peu ont été satisfaites. Et celles qui ont été satisfaites sont perçues comme insuffisantes au regard des faits établis. Cela dit, de toutes les exigences, de toutes les sollicitudes formulées à l’endroit de l’État français,une ou deux exigence(s) font l’objet d’une réelle problématique dans la société française. Il s’agirait pour la patrie de De Gaule de « faire son mea culpa » devant l’Histoire des Nations jadis sous le joug colonial et esclavagiste. Ceci passerait pour être un véritable dilemme pour les pouvoirs publics et un cas de conscience pour la nation entière. Les conséquences d’un tel acte demeuraient imprévisibles tant à court terme que sur le long terme. L’autre problématique dont la société a toujours maille à prendre à bras le corps est celle relative à la « discrimination sournoise » et aux « actes de racisme » qui de temps à autre soit lors des match amicaux dans les stades ou dans les offices des administrations publiques font la une des quelques journaux de l’Hexagone. Ce phénomène ne touche pas que la métropole mais elle tend à s’étendre dans les possessions françaises d’Outre Mer.Le cas des Dom Tom ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui. La situation des Dom Tom est symptomatique du malaise crée par le poids de l’histoire coloniale et la difficile cohabitation des uns et des autres lorsque bourreaux et victimes se font face au jour le jour .Aussi, il parait essentiel de s’interroger sur les réelles causes,les causes dites profondes de tels phénomènes et voir en quoi l’acte d’incrimination portée à l’encontre des administrations étatiques mises en place considérées à tort ou à juste raison comme étant « racistes » ou « discriminatoires » à l’égard d’une certaine catégorie de classes sociales en France serait un acte défendable. Du fardeau de l’histoire La France de par son héritage colonial et esclavagiste a un passé historique très important. Elle fut l’un des acteurs importants de la colonisation des pays d’Afrique notamment occidentale,centrale et du nord,mais aussi des anciennes possessions et des territoires d’Outre Mer en plus de l’Asie (l’Indochine, le Vietnam dans une moindre mesure).Bref, en plus de l’esclavage, la colonisation et la néo colonisation qui suivit n’ont fait que grossir le patrimoine historique s’il en est une de la France. Et là ou le bas blesse, c’est là ou l’on s’attend le moins. En dépit des faits historiques toujours objets de discussions chez les historiens contemporains, la France n’arrive toujours pas à se faire une idée claire du poids d’un tel héritage qui sans doute ne contribue pas à rehausser son image de pays droit-hommiste qui a toujours respecté les droits fondamentaux de l’Homme quand bien même ils se trouvaient bafoués par l’État colonial ou esclavagiste. Voici véritablement là ou se situe tout l’enjeu du malaise social crée par le passé historique ; Que faire face aux actes regrettables du passé ? En admettre la culpabilité serait pechée contre les sacro-saints principes de la République et de l’Héritage historique des Français de « souche ». Vivre avec celà sous la conscience serait un fardeau difficile à supporter à la longue. Donc, que faire véritablement ? Si ce n’est présenter un semblant de reconnaissance des préjudices subis par les indigènes et leur accorder un semblant de rétributions pour les supplices endurés. Mais de tels actes suffisent ils vraiment pour effacer la dette de sang versé par les anciens colonisés ou esclaves. Suffisent ils de tels actes aussi courageux fussent ils pour permettre aux peuples qui ont subi toutes les humiliations du passé, du forçat,de la bagne, de l’indigenat de pouvoir enfin faire un deuil partiel de leurs morts, leurs ancêtres historiques ?La question reste ouverte,mais une chose est sure la France parait toujours névrotique quant à la position officielle à prendre face à son passé de colon et d’esclavagiste. Pas plus tard que ces dernières années, le Président de la République Française, Mr Nicolas Sarkozy, osait publiquement affirmer ce qui suit « Si on renie son histoire, on ne prépare pas son avenir ».L’on serait tenté de lui renvoyer la balle. Puisque jusqu’à ce moment précis, la France semble toujours persister dans son refus ou du moins dans son reniement de faire le mea culpa et les excuses souhaités à l’endroit des peuples jadis soumis à son joug. Avec une telle position , l’on se demanderait bien à quel avenir la France aspirerait -elle à se tourner. Car une nation qui n’arrive pas à se décider par rapport à son passé aussi encombrant voire dramatisant qu’il puisse paraître reste ou demeure tout simplement dans la hantise historique. Et c’est à juste titre que l’ex-premier ministre estonien Mart Laar affirmait qu’une «nation qui n’arrive pas à faire face à son passé, c’est comme un être humain qui souffre de névrose permanente ». De la Discrimination et du Racisme en Métropole ? La France en persistant dans son refus de reconnaître sa « culpabilité » historique dans l’asservissement des peuples fiers et de ses anciennes colonies ferait comprendre par là et indirectement qu’elle n’aurait rien à se reprocher ou aucun reproche à se faire et que l’esclavage tout aussi bien que la colonisation auraient eu des raisons valables historiquement. Une des logiques voire des conséquences indirectes d’une telle prise de position pourrait être interprétée dans l’imaginaire collectif et individuel comme étant un argument de plus en faveur des préjugés tant décriés selon lesquels les occidentaux,les « Blancs » pour ainsi dire seraient en sagesse,en science et en civilisation bien supérieurs ou meilleurs que les indigènes notablement les noirs auprès de qui ils auraient soi disant apporté la culture et la civilisation. Ce qui conduit à la problématique du racisme. Soutenir des préjugés ancrés dans les mentalités d’une autre époque selon lesquels les noirs et les autres notamment les blancs ne sont pas dignes d’être égaux devant la loi et devant Dieu relèverait de l’absurde en ce siècle des Lumières et des droits de l’homme et notamment dans la patrie charnière des Droits de l’Homme et du Citoyen que passe pour être la France . La problématique du racisme en France ne date pas de nos jours. On y fait mention dans les ouvrages littéraires francophones d’Afrique et d’ailleurs. L’on y parle notamment de politique de deux poids deux mesures. De la stigmatisation de certaines communautés bien ciblées notamment africaines ou maghrébines en passant par les moqueries et les dénigrements sournois voire des actes racistes purement et simplement jusqu’aux abus et mauvais traitements subis par les immigrés ou les résidents de l’Hexagone. A cela,il faudrait ajouter la politique néocolonialiste et esclavagiste qui semble perdurer en Outre Mer. Tout ceci parait entretenir les préjugés raciaux et les désirs inavouables de comportements racistes. L’on se plait à dire que la France n’est pas et ne tolérait aucunement un quelconque acte raciste sur son territoire. Cependant, l’actualité à elle seule délivre son lot quotidien de racisme stigmatisant les communautés à chaque fois qu’un acte crapuleux se produirait. Faisant et parfois à tort ressortir les appartenances sociales et ethniques des individus en cause dans le délit crapuleux. Les médias tout en informant des actes de racisme dans les lieux publics comme les stades en viennent parfois mais pas toujours à jouer le jeu des groupes d’individus jugés racistes à tort ou à juste raison. Donc affirmer qu’il n’y aurait pas d’actes de racisme c’est se mentir à soi même dans l’Hexagone. Par contre, reconnaître qu’il y a bien du racisme mais selon des cas isolés serait aussi inacceptable. Soutenir l’idée qu’il y a du racisme mais de degré moindre en Métropole ne serait pas compatible avec les révélations des sciences humaines notamment socio-anthropologiques et psychanalytiques. Ces sciences semblent exclure toute notion de degré de racisme dans une société. Il y a racisme ou il n’ y en a pas. C’est tout. Voilà à quoi s’en tenir. Selon le psychiatre et écrivain Frantz Fanon, « une société est raciste ou ne l’est pas. Il n’existe pas de degrés de racisme ». En clair, il n’existe pas d’échelons de racisme. Il n’ y a pas de thermomètre pour mesurer le degré de racisme qui touche ou affecte une communauté ou des individus qui subissent ou ressentent le fait. En somme,le « racisme apparent » dans l’Hexagone ne semble pas être chose banale pour ce qui paraissent en être les victimes. Et la plupart du temps, ces individus sont issus de quartiers populaires et de communautés déjà étiquetées notamment les noirs et les maghrébins. La discrimination n’étant pas que physique,mais elle est aussi intellectuelle et professionnelle. Sur les lieux d’embauche ou de travail, les exemples sont légions. Et comme le rappelait le sociologue Robert Castel « Si vous répondez à une demande d’emploi et que vous avez un nom à consonance maghrébine et que vous habitez dans un quartier dit difficile, vous avez cinq fois moins de chance d’être invité à un entretien d’embauche que si vous habitez Paris et que vous avez un nom bien français ».
Crise de l’Etat ou Crise dans l Etat?
Posted in Humanities, Philosophy on April 15, 2010 by saiigain« Where Justice is denied, where poverty is enforced, where ignorance prevails and where anyone else is made to feel that society is an organized conspiracy to oppress,rob and degrade them,neither person nor property will be safe, » Frédérick Douglas
De l’Etat et du modèle social français : Dissensions,Réformes,Crises
Le compte à rebours déclenché?
L’État français se prévaut d’être le chantre d’un nouvel ordre mondial. La patrie de De Gaule voudrait prendre le devant de la scène pour montrer l’exemple aux autres nations du monde. La France est partie prenante pour une série de reformes sur le plan économique,social, politique,judiciaire voire scientifique. L’ensemble de ses mesures qu’elle qualifie de majeures pour la société française et la bonne gestion des ressources et de la richesse du pays ambitionne d’apporter à la France le développement économique, le bien etre social, la compétitivité sur tous les plans sociaux, scientifiques et stratégiques. Mais ce que l’on constate sur le terrain ce que la réalité semble bien être d’une toute autre nature. L’ensemble des reformes en cours est en passe d’ébranler les valeurs ancestrales auxquelles les français ont toujours tenu à maintenir. Les Grâces,les bienfaits sociaux de l’État-providence se font de plus en plus rares. La crise actuelle enfonce le clou et fait craindre le spectre d’une « américanisation » de la France, une américanisation à la fois des mœurs mais aussi de la mentalité et du train de vie des individus ainsi que des institutions de la République. C’est bien la disparition de l’exception française qui semble se profiler à l’horizon. Comment en est on arrivé à ce stade ? Pourquoi de plus en plus de français ne se reconnaissent plus dans le modèle étatique tel que prôné par les administrations ? Que faut il comprendre des sondages qui ne cessent de décrédibiliser les administrations publiques et rendre les français plus que jamais désolidarisés du régime actuel et son mode de gestion du pays ? En d’autres termes, en quoi consiste le malaise social en France faisant craindre le spectre d’une transformation de l’État-Providence en France à l’État-Gendarme. Aussi, pour apporter notre part de réflexions à ce sujet, nous nous pencherons sur les grands chantiers en cours qui font craindre le pire aux habitants de la France et nous déterminerons pourquoi le désamour croissant entre la France et ses Enfants semble se prolonger inexorablement. De L’État et de ses Réformes Bien d’observateurs avisés de la scène politique française ne manqueraient certainement pas de souligner l’atmosphère tendu qui règne sur l’Hexagone. Pour certains, la France est en passe d’une « révolution sociale » ou du moins d’un semblant de révolution. A ce stade, rien n’indique un tel phénomène même s’il faut raison gardée. Tout comme la Révolution Française de 1789 qui a chamboulé l’histoire de la France, le spectre d’une « Révolution » similaire visant à établir un nouvel ordre social relèverait tout simplement du burlesque pour ne pas dire du ridicule. Et c’est faire preuve d’exagérations que dire que la révolution serait imminente en France. Il n’empêche que le pays connaît un certain nombre d’évènements qui si l’on ne prend garde risque de le faire basculer aux calendes grecs, à une époque au cours de laquelle l’État français s’illustrait dans ses dérives politiques,économiques ,hégémoniques et sociaux. Certains indicateurs sociaux et certaines reformes mal adaptées ou appropriées et dont les français ne semblent manifestement prêts à s’y faire actuellement font craindre l’ « explosion sociale».Pour beaucoup, ces reformes en cours dont nous détaillerons ultérieurement le contenu risquent d’engendrer un grand malaise social sans précédent dans l’histoire de la France, la crise socio-économique actuelle aidant. Ces reformes que d’aucuns qualifient de disproportionnées voire inadéquates font l’objet de débats houleux dans des journaux et sur des plateaux télévisés. Mais au final, qu’est ce donc ces reformes tant décriées ? Une série de reformes a été entreprise par l’administration actuelle pour faire changer les mentalités en France et faire avancer et progresser le pays sur tous plans possibles et de surcroit dans l’intérêt de la France et des français eux-mêmes selon le point de vue des partisans farouches des reformes en cours. Ces reformes en cours vont de l’immigration choisie ou sélective, en passant par celles des institutions de la République, de l’école et de l’université (l’éducation),de la santé, de la décentralisation du pouvoir et des nouveaux prérogatives octroyés aux préfets,bref du service public en général ainsi que de la Justice. L’éducation et la Justice semblent bien être les deux grands axes majeurs de la reforme après la politique de reforme envisagée pour l’économie. Pour ce qui est de la Justice, la suppression du Juge d’instruction constitue un sans précédent dans l’histoire judiciaire de la cinquième République. Elle fait la part belle à ce qui soutenait une « américanisation » de la justice française dans laquelle les délibérés du tribunal et les verdicts sont laissés à l’appréciation du Jury en présence en lieu et place du législateur judiciaire et la disparition de la fonction du juge d’instruction fait craindre le spectre d’une bataille rangée entre avocats de la partie civile et de la défense dans laquelle seule l’habileté à convaincre et à prouver l’innocence ou la culpabilité des justiciables serait déterminant. Pour ce qui est de l’éducation, les mesures en cours pour supprimer les postes d’enseignants à contrat indéterminé pour les remplacer par des contractuels ou des enseignants vacataires à contrat à durée souvent déterminée,la mise sous tutelle et les contraintes de la formation des enseignant-chercheurs, et enfin les mesures disproportionnées à l’égard des écoles primaires et secondaires visant à faire des maitres et maitresses à la fois des « nounous » et éducateurs en lieu et place des parents n’ayant pas les moyens de s’en occuper et la fouille systématique et le magnétisme des portails d’entrée dans la détection des métaux à usage dangereux achèvent de convaincre les plus sceptiques que la France perd ses repères d’antan tant prisés. Mais ce qui serait le plus à craindre est le social et l’économique. La reforme de la sécurité sociale, de la santé,et l’économie en rajoutent à l’angoisse déjà perceptible chez les sujets français. La situation économique assez grave( le pays traverse une récession économique significative) comme d’ailleurs la plupart des économies en Europe,la montée en puissance du chômage,la délocalisation des entreprises, les paradis fiscaux échappant à toute régulation creusant le fossé entre riches épargnant à l’étranger et les autres notablement les classes moyennes ou pauvres. A celà,il faudrait ajouter la situation dramatique des agriculteurs et éleveurs qui s’enfoncent de jour en jour dans la précarité totale incapables de faire face aux dépenses croissantes de l’entretien de la production agricole ou pastorale..Et enfin, la reforme du code de la route qui fait craindre le basculement vers la répression systématique ou pénale en cas d’infractions aussi mineures soient elles en lieu et place des campagnes de sensibilisation et d’éducation au code de la route et la « malmène » des groupes sociaux étiquetés ou ciblés par les agents de la police et de la sécurité intérieure notamment les jeunes qui craignent que la moindre appartenance à un groupe de jeunes potentiellement seulement violents ne les font trainer en justice pour appartenances à un groupe violent causant des troubles sur la place publique. L’on en vient à appliquer et condamner voire à déferrer des ados devant les tribunaux d’adultes pour des faits qui relèvent purement de la compétence de la Justice juvénile ou infantile. Par ailleurs, en matière de politique étrangère, la France revoit ses positionnements stratégiques en Afrique fermant les bases militaires nécessaires,revoyant les traités négociés sous le régime du paternalisme et de la Françafrique,ce qui fait dire à certains que l’administration actuelle semble perdre de vue les enjeux économiques,géostratégiques sur le terrain. Mais face à toutes ces situations, les français ont-ils vraiment d’autres choix ? Quelles autres options reste il ? Dissensions et Défiances populaires L’on se défait difficilement de ses vieilles habitudes. Ce à quoi les français étaient habitués et auxquels ils semblent encore tenir risquent de ne plus être à leur portée désormais. La crise aidant, c’est tout un processus qui est en train de se mettre en place bravant les sacro-saints principes des anciennes républiques et institutions et qui vise à modifier les fondements ainsi que les bases de la société tout court. La Reforme des administrations actuelles visent à jeter les bases d’un nouveau « Contrat Social » entre les tenants du pouvoir notamment financier et les salariés, entre l’État et la nation. Il s’agirait d’apporter un certain nombre de changements aux attributions et fonctions régaliennes qui étaient en cours sur le territoire français. L’on estime que tous ces changements brusques sont et demeurent une nécessité absolue. Et il faut le dire, le Président de la République,avec son parti UMP et avec l’appui d’une partie de la société française n’est pas prêt à céder d’un pouce. Il a un calendrier et un mandat à respecter. Il a fait des promesses à ses compatriotes qu’il se doit de tenir et d’honorer. Il a martelé que rien ne serait comme avant,ce qui il y a quelques années bien de français en étaient convaincus. Et véritablement, rien ne semble en effet plus comme avant. Ironie du sort ou pas, la précarité gagne du terrain en France, la dislocation familiale prend de l’ampleur, les jeunes en sont au chômage sans perspective d’avenir à la merci de boulots précaires à contrat déterminé, pire la répression semble être le lot des anti-reformistes contre lesquels toute une batterie d’agents de sécurité délimite les champs d’action. Les revendications sociales semblent lettre morte si elles ne reçoivent pas une fin de non recevoir ;Bref, rien ne semble aller en France et que dire de la présidence actuelle ? Dur dur d’être chef d’État en pareille circonstance surtout que la moindre décision maladroite risque d’avoir un impact grave sur une marge de la société. Et des décisions et promesses, çà n’en finit pas justement sans réalisation concrète. On pense que le bout du tunnel est encore loin, même très loin. En conclusion, s’il faut reconnaître à l’État les efforts substantiels qu’il met en œuvre pour juguler le manque d’adaptations des français et de la France aux nouvelles réalités socio-économiques. Il reste que les français à l’heure actuelle ne semblent pas eux aussi prêts à céder d’un pouce. Aussi, mieux vaudrait un compromis fut il précaire entre l’État,les entreprises, la société civile et le peuple tout entier. Car vouloir imposer coute que coute des reformes aussi avancées risque de conduire à des effets contre-productifs dommageables pour la société et pour les partenaires de la France.
l’ avenir de l instruction
Posted in Humanities, Literature, science on April 15, 2010 by saiigainDe l’éducation postmoderne : Critiques,Crises de Valeurs
“L’éducation,c’est sortir de l’enfermement. Et c’est la tache, malheureusement, ingrate parce que, l’éducation, celà prend du temps et, ce temps-là , il faut le prendre parce que l’enjeu est extremement important” Souleymane Bachir Diagne, Professeur de philosophie Columbia University NYC
L’Avénir de l’Instruction
Le Modèle éducatif français
La patrie de De Gaule a toujours brillé par la compétitivité de son système éducatif et universitaire jusqu’à une époque récente. De sa forme laïque et républicaine d’où elle semblait tirer sa lettre de noblesse, l’éducation ne manquait point d’éloges en dépit de ses détracteurs combien nombreux de nos jours. Comme tout système porté à l’éloge, le système souffre néanmoins de graves manquements au point qu’il se décrédibilise de jour en jour aux yeux de l’opinion nationale voire internationale. Des grèves intempestives des étudiants, en passant par celles du corps enseignant, à la médiocrité sans appel de la performance actuelle des étudiants en fin d’études, tout un système est en passe de s’écrouler sous nos yeux. Mais,de quoi souffre véritablement l’enseignement en France ? Quels sont les défauts du système actuel ? Non seulement il nous reviendra de souligner le fléau qui frappe la compétitivité du système, mais encore il nous faudra aborder l’épineuse question de la valeur de l’enseignement sur un plan socio-économico-culturel.
La critique du système
L’enseignement éducatif français souffre d’une panoplie de défaillances qui du reste ne datent pas d’aujourd’hui. Nombreux sont ceux qui ont attiré l’attention sur le modèle inadéquat de la transmission du savoir et de la connaissance des enseignants et maitres aux étudiants et élèves. L’une des plus vieilles critiques remontent à une époque pas si loin que cela. Elle a été formulée par le pédagogue et écrivain français en dépit du contexte un peu différent du notre. Voici ce que reprochait Joseph Jocotot au corps enseignant « Vous avez conservé le ton de la supériorité qui humilie,de la menace qui irrite,du mépris qui avilit ;Vous ordonnez,et vous exigez qu’on vous obeisse en silence et en aveuglement.Vous avez fait de vos élèves des automates ». Ces propos datent d’hier surement mais il n’en demeure pas moins qu’ils sont d’actualité en ce sens que le système actuel de l’enseignement donne lieu à croire que les étudiants et élèves sur le banc de l’école n’ont de cesse de développer un automatisme instinctif des lors qu’il s’agit de produire un travail constructif,fruit d’une réflexion nourrie et critique. La majorité des étudiants agissent tels des automates perdant souvent de vue toute rigueur scientifique et rationnelle quant à la production et au développement d’une oeuvre artistique ou intellectuelle. Pour un sujet à développer par exemple, un étudiant sur quatre a recours à du copie coller ou fait du recoupement d’idées provenant d’autres auteurs les faisant passer pour les leur. Ce que d’aucuns qualifient de plagiat. En effet, il s’agit bien de plagiat. Et toute université digne de ce nom ou tout établissement soucieux de sa notoriété sait que de tel acte est passible d’une exclusion définitive de l’auteur du délit de l’établissement qu’il fréquente. En théorie, voilà ce qui se trouve dans les règlements du code de conduite des institutions,mais en pratique, la réalité est tout autre. Il est un fait que pas mal d’universités pratiquent la politique de l’autruche en matière de discipline académique. Une trop grande rigidité en la matière ferait planer le spectre d’une diminution significative de nouveau effectif, et une trop grande flexibilité, voire le laisser-aller, porterait un coup dur à la réputation de l’établissement. Aussi, la majorité des établissements se cantonnent à un simple rappel à l’ordre voire à une suspension temporaire au pire des cas. Mais en aucune façon, il n’est question d’exclure d’éventuels étudiants ou élèves .Et ce phénomène touche plus particulièrement les établissements privés dont le taux de fréquentation ne cesse d’augmenter ces dernières années au détriment de ceux publics. Bien d’enseignants cèdent facilement aux caprices des étudiants ou élèves quant à leur habitude de faire du copie coller qui du reste n’est que de l’automatisme puisque il n’engage souvent aucune réflexion féconde ou critique de la part des étudiants ou des élèves .Il s’agit tel un robot de rechercher sur le net à l’aide de moteurs de recherche des idées ou concepts inhérents au sujet ou à la thématique abordés. Si les étudiants se réduisent à faire rien que cela , il est à penser plausiblement que la faillite du système est annoncée dors et déjà. Une autre critique,celle-là, plutôt contemporaine est mise en avant par les sociologues .Cette critique s’en prend largement au modèle de société développé en occident notamment la société de consommation qui tend à banaliser le phénomène d’automatisme jusque dans les lieux de savoir et d’apprentissage. D’ailleurs, voici ce qu’en dit le philosophe et sociologue, Dany Robert Dufour dans son ouvrage le Divin Marché à la page 241 « A l’université, on voit tout un courant post-moderniste se mettre en place.(…)Il ne faut surtout pas demander aux jeunes de penser(…).Il faut surtout montrer qu’il n’y a rien à penser. Il s’agit de fabriquer des crétins procéduriers adoptés à la consommation ». L’expression « crétins procéduriers » à elle seule résume toute l’idée que se fait le philosophe du système académique actuel. Pour lui, l’université ne fabriquerait plus que des futurs cadres destinés uniquement au consumérisme ambiant et sans bornes, au marché de la consommation et à l’idéologie dominante de la consommation à outrance. Ils sont des êtres conçus pour être consommés par le marché mercantiliste néo-libéral sans que eux-mêmes n’aient les moyens nécessaires d’y faire face. La citation renvoie à l’idée de robotisation. Il n’y aurait en ces étudiants pourtant futurs cadres ou « intellectuels » de demain qu’un esprit de procéduriers livrés à la merci des injonctions du marché égoïste et égocentrique. La société semble en perte de vitesse. Elle ne fabrique que des agents soumis à un système aveugle qui ne tient compte que de l’instant empêchant de ce fait les individus de prendre du recul et de pouvoir se représenter une idée claire de ce qui se passe autour d’eux. L’esprit critique, philosophique, l’esprit des Lumières, cesse doucement de briller. De sa lumière restante , il ne reste plus que l’ombre d’une étincelle. Après cette courte analyse de la situation qui semble prévaloir sur les lieux de savoir, il nous revient de nous poser la question si ces lieux de savoir portent en eux-mêmes toute idée d’émancipation intellectuelle et de réussite individuelle et collective. La valeur de l’enseignement et du travail académique Nombreux encore une fois sont ceux qui ne semblent plus avoir foi en la valeur de l’enseignement comme étant facteur de réussite sociale. La durée ainsi que le cout et le désir irrépressible de jouir à l’instant des bienfaits d’une formation rémunérée et court-termiste contribuent à l’affaissement intellectuel généralisé chez les sujets jeunes. Demandez à n’importe quel étudiant soucieux de tirer profit de son savoir, s’il compte poursuivre ses études à long terme, il vous répondra pour couper court qu’il ne cherche qu’un diplôme acquis sur une période relativement courte pour pouvoir s’insérer rapidement dans le marché et accumuler des biens lui permettant d’assurer son devenir. L’engouement pour de longues études n’est plus de nos jours. Répondre au temps présent, à l’instant présent, voilà l’idée dominante. La longue étude n’est plus gage d’une plus grande réussite dans la vie. Un simple diplôme de quatre ans suffirait en lui-même de pouvoir bâtir et entreprendre quelque chose de constructif en termes d’investissements futurs à titre personnel et familial. Aussi, la relative augmentation de la scolarité contribue à la désaffection ambiante des couches les plus défavorisées. Et « Dieu » sait combien sont nombreux les jeunes des quartiers difficiles ou de familles à revenu limité livrés à eux-mêmes et victimes d’un système paupérisant une partie de la classe sociale française l’enlevant du coup l’opportunité d’évoluer à égalité de chances avec les plus mieux placés socio-économiquement .Les nantis s’offrent le luxe d’envoyer leurs enfants dans les lieux privés de savoir les plus enviés et les démunis se contentent des lieux publics dont la régularité et le savoir faire des cours dispensés laissent à désirer. A coté de ses enfants de riche qui se contentent souvent de corrompre des instituteurs ou le corps enseignant pour obtenir des notes meilleures et ce faisant obtenir une mention bien meilleure sur leur diplôme qui du reste est en passe d’être bradé et même vendu, les étudiants pauvres eux sont obligés de serrer la ceinture pour espérer passer leur classe. Et malheur à l’étudiant qu’un professeur reprouverait pour une raison ou une autre car les moyens ne manqueraient guère pour faire payer cher à l’étudiant l’affront éventuel subi par un professeur. Bref, il y a bien une éducation à deux vitesses, celle des plus riches et celle des plus pauvres. L’université semble avoir perdu les voies de sa vocation auprès du public. La récurrence des grèves et de l’absentéisme des étudiants ne font qu’en rajouter à sa faillite déjà annoncée. Certains parlent même de la mort des Intellectuels vu qu’il revenait de tout temps aux institutions académiques de former les futurs cadres. L’université ne produit plus des penseurs tels Senghor, Cheick Anta Diop, Fanon et autres intellectuels jadis en France. L’université s’apparenterait plus à un lieu de dés apprentissage comme semble pointer du doigt le penseur Dany Robert Dufour pour qui « l’Université est peut-être un lieu ou il existe de l’anti-éducation ».
MYSTICISME PHILOSOPHIQUE: courant de pensées philosophiques
Posted in Philosophy, Religion on April 15, 2010 by saiigainDe la Vie Spirituelle,du Mysticisme philosophique
« La Plus grande pauvreté d’ordre spirituel ,l’absence de Dieu, sévit chez vous,en Occident » Mère Théresa,Religieuse et Mystique originaire de l’Inde
Saint Augustin ( St. Augustinuis),Mère Théresa, Soeur Emmanuelle,Mahatma Gandhi, Blaise Pascal, Al Ghazali Abu Hamid,Rumi, Hampaté Ba, Cheick Tidjani, tous ont en commun « ce quelque chose » que peu de gens partagent. Ils sont tous érudits à leur façon,mais plus encore ils sont de grands penseurs et mystiques. Ils partagent en commun ce qu’on se plait à nommer « la Vie Mystique »,une vie de spiritualité très profonde avec le Divin qu’ils ont appréciée et vécue au gré des circonstances de l’existence humaine. Du mysticisme d’Asie notamment indien ou hindou à celui de l’orient notablement de la Perse en passant par le monde arabo musulman et occidental, il s’agit d’une longue tradition philosophique et spirituelle dont ont hérité un certain nombre de penseurs émérites de notre époque contemporaine ainsi que celle d’hier. L’objet de notre réflexion, en ces temps d’incertitude et d’angoisse manifestes et au moment ou les religions monothéistes notamment peinent à rassurer les fidèles et parfois restent désarmées devant l’avancée prodigieuse de la pensée matérialiste,scientiste,positiviste voire athée, il convient de rappeler donc ce qu’a été le rôle majeur de la spiritualité philosophique ou mystique notablement islamique,mais aussi il convient de rappeler les croyants de toute confession fut-elle religieuse de l’urgence de ne pas couper le « Cordon Ombilical » mystique qui lie au Divin. Le Mysticisme philosophique : L’histoire de la philosophie nous apprend qu’un certain nombre de courants de pensées philosophiques se sont constamment affronté. Cette confrontation parfois d’apparence contradictoire,conflictuelle ou opposée a tout de même permis à l’Esprit humain, à la Pensée Critique de s’épanouir et de prendre son envol :Le courant dit « idéalisme » avec ses thèses métaphysiques notamment, opposé au courant dit « matérialisme »,le courant de pensée dénommée « scepticisme » opposé ou par rapport au courant dit « mysticisme ».En substance, chaque courant de pensée essaya de développer un système de pensée méthodique et critique fondée en grande partie sur la raison. Les idéalismes soutenaient la thèse d’une création du monde et de la Nature par l’œuvre d’un Créateur Omniprésent et omnipotent présidant à la bonne marche des choses. Ce Créateur, pour un penseur, peut être « Dieu » au sens du « Dieu philosophique » tel que le philosophe d’origine hollandaise Spinoza l’avait soutenu. Il peut être le « Dieu » des religions dites saintes et révélées à l’humanité par l’entremise des Prophètes et Messagers et par révélation dite divine.. Une thèse que défend les croyants de ces religions. Ces idéalismes avançaient ou du moins avanceraient aussi l’argument selon lequel l’existence de l’âme serait une réalité fondée voire démontrable philosophiquement par la pensée(Descartes Rene).Les idéalistes les plus téméraires croyaient même à l’existence et à la capacité de l’âme et de l’Esprit humains à appréhender et atteindre la sphère de l’intelligible Vrai,la Vérité Pure,le « Nirvana » ou selon une variante la Vérité Céleste ou Divine. Socrate,Platon,figures emblématiques de l’idéalisme avec l’ interprète ,philosophe néoplatonicien ,émérite que fut le Grec Plotin en plus de l’érudit français Blaise Pascal que l’écrivain français Chateaubriand qualifiait « D’effrayant Génie » ainsi que de Leibniz, lui aussi un véritable Esprit philosophique de son époque passaient pour avoir l’intime conviction que la Vérité Métaphysique est atteignable par la pensée et l’Esprit. Le philosophe Allemand Hégel avec son idéalisme subjectif fut l’un des derniers sinon l’héritier par excellence de tout ce courant de pensée idéaliste. A coté de ce courant de pensée,subsiste celui dit « matérialiste ».Le matérialisme serait aussi vieux que le monde. Il ressort des études historiques qu’il existerait sous le règne de la philosophie Brahmane en Inde voire bien avant cela. Sous formes de dialogues philosophiques, le Maitre s’entretenait d’avec sa pensée avec son interlocuteur profane ou d’apparence profane. Les critiques philosophiques,disons la pensée philosophique, ne semblaient pas constituer un système cohérent de réflexions critiques et philosophiques. L’on prête aux philosophes Grecs notamment la mise en place du système de pensée philosophique,la philosophie comme étant une méthode,un ensemble de systèmes de pensée critique,cohérente, rationnelle. cela dit, bien de concepts qu’on tend à reconnaître chez les penseurs grecs se trouvent étrangement chez les dialecticiens,spécialistes de la dialectique, dans le sub-continent indo-pakistanais d’alors. Par exemple, dans des recueils de poème du poète et penseur grec Virgile relatant de l’Amour et du sexe en passant par les matérialismes chez des philosophes tels que Démocrite,voire un certain nombre de penseurs ayant séjourné en Égypte Antique,il ressort de l’analyse de leurs œuvres des parallèles étonnantes entre les deux philosophies comme si certaines idées chez des philosophes grecs bien connus ne proviendraient pas de l’influence du sous continent indien de l’antiquité ou d’avant l’antiquité. En tout état de cause, des recherches approfondies méritent d’être menées sur ce champ. Pour revenir aux propos précités, à coté du courant de pensée idéaliste, avions nous énoncé, existait le courant dit matérialiste. Les matérialismes ont pour visions,philosophies voire principes de ne rien considérer qu’en termes de matières et d’inerte. Seule la Matière constitue la seule réalité visible et perceptible. En dehors de la matière, il n’y a rien ;C’est le Vide absolu (quoique le terme « Vide » est inapproprié ici),le Néant pour ainsi dire. Pour le Matérialiste, il n’y a ni véritable preuve de l’existence de l’âme encore moins de Dieu. Ce que les Hommes appellent « Dieu » n’est qu’une invention pure et simple pour parachever leur condition de néophyte,c’est-à-dire d’être vivant « supérieur » en stade d’inachevé. Ils iraient jusqu’à douter même d’un au-delà et se contentant d’affirmer qu’à la mort, l’Homme se réduirait à sa stricte expression ce qui sous-entendrait à la poussière. Pourtant, ils ne se donnent qu’à des conjectures. En vérité, ni l’Humain ni la Science ne cernent pleinement la réalité et la nature réelle de ce qui est la Mort et a fortiori ce qui pourrait ou pas se trouver après comme étapes éventuelles. Personne n’a fait l’expérience de la mort véritable(pas de mort clinique) et puis revenir relater ses expériences. Nul n’est parti et revenu nous raconter en détail ce qui pourrait s’y passer en dépit de certaines allusions suggérées par des mystiques ou religieux dans leur approche métaphysique ou pensée spirituelle voire religieuse. Poussé dans ses extrêmes limites, la pensée matérialiste débouche sur l’athéisme pur et simple. La croyance en rien en somme. Toutefois, selon des penseurs contemporains, l’athée, de façon inavouable, reste tout de même un croyant. L’athée croit en quelque chose. Ce quelque chose est incarné par des valeurs autres que religieuses ou philosophiques éventuellement. Car les sciences modernes notamment sociologiques et anthropologiques voire paléontologiques semblent le montrer clairement, l’Homme est un être fondamentalement religieux. La religion comme croyance est une croyance ancrée dans l’âme s’il en est une de l’Homme éventuellement. Donc Denier à l’athéisme tout comme à l’animisme dans une moindre mesure toute velléité de croyance serait aller à l’encontre du bon sens. Nier une croyance n’infirme pas pour autant l’hypothèse de son existence. Pour nier une chose, il faut bien que ça existe non. On ne peut nier que ce qui est et non ce qui n’est point ou n’existe point. Il y a aussi cela qui se qualifient d’agnostiques. Ce qui n’infirment ni affirment quoique ce soit notamment dans les croyances sans qu’ils aient au préalable en leur possession les preuves véritables basées sur l’expérience et l’évidence. Légions sont les partisans farouches de la philosophie matérialiste depuis les temps des Grecs incarnés notamment par le philosophe Démocrite à qui l’on prête l’idée de matière indivisible et unique et qui passe pour être le philosophe qui étendit par la pensée la notion d’atomes en tant que particules élémentaires et indivisibles constitutifs de la matière inerte et de la matière vivante visible (l’Homme éventuellement) en passant par les philosophes matérialistes Karl Marx, Engels,jusqu’au penseur et philosophe français Althusser qui dans ses écrits philosophiques intitulés Matériaux faisait une comparaison intéressante entre l’Idéaliste et le Matérialiste,comparaison pouvant faire objet de débats éventuellement « Un philosophe idéaliste est comme un homme qui sait d’avance et d’où part le train dans lequel il monte et ( …)ou va le train. Le Matérialiste,au contraire,est un homme qui prend le train en marche mais ne sait d’où vient le train ni ou il va ».Aussi,pour Althusser, l’Homme ne connaît que ce qui est tout simplement. Quant aux courants de pensée athée si l’on peut le nommer ainsi,il semble etre incarné par un certain nombre de penseurs grecs mais les plus influents de l’époque contemporaine furent Charles Darwin, Sigmund Freud,Dany Robert Dufour etc ainsi qu’un certain nombre de néo-darwiniens et penseurs du courant positiviste scientiste en plus de certains grands penseurs du courant psychanalytique et structuraliste contemporains. C’est Darwin qui semble le mieux résumer l’image du matérialisme athée « le vrai matérialisme fait de Dieu une impossibilité,de la révélation,une vue de l’esprit et de la vie future une absurdité » soutenait-il. Face aux prétentions de ces deux courants en lutte pour la recherche de la Vérité, un autre courant s’est apparemment imposé en « arbitre ».Le courant sceptique qui ne prend rien pour fait acquis. Il tend à douter de tout et même de ce qui ne pourrait point faire l’objet de doutes. Il relativise toutes les idées reçues ou préconçues des philosophies antiques et contemporaines. Il laisse le philosophe dans un enfermement quasi inextricable. L’on pointe du doigt les dérives de l’idéalisme et en même temps l’on souligne des aberrations et les limites du matérialisme. La seule optique viable en matière d’approche philosophique serait le doute. Ce doute n’est pas qu’un doute absolu purement mais un doute philosophique,méthodique, critique. Un doute qui renferme l’Esprit critique ou l’âme dans l’angoisse totale de ne pas parvenir à une Vérité tant éprise et recherchée, un doute qui limite les prétentions de la Raison de découvrir la « Vérité Métaphysique » si tant qu’il y en a une, un doute enfin qui laisse l’âme et l’esprit dans l’étouffement, dans un cercle vicieux d’où il semble difficile de s’en défaire. Aussi, un autre courant fit progressivement son apparition. Celui-ci souligne avec raison les limites du scepticisme et l’accuse d’une forme de dogmatisme outré qui frise le pessimisme philosophique. Ce courant dont se revendiquent bien de mystiques est le courant dénommé « Mysticisme » connu chez certains comme « Spiritualisme » avec des principes et approches différents toutefois. Certains étendent la notion au Transcendantalisme du siècle des Lumières et du début jusqu’au milieu du 19 ème siècle. Le mysticisme est une philosophie qui ne date pas d’aujourd’hui. On le connaît sous un certain nombre de traits même s’il n’apparaît en tant que système de pensée critique chez des philosophes d’orient quelques siècles avant notre ère. Par contre, il a été mis au goût du jour avec l’avènement des mystiques musulmans notamment l’Imam Abu Hamid Al Ghazali considéré comme la « Fleur Fine » de l’Islam et aussi l’un des, sinon, le plus grand penseur musulman de l’époque médiévale jusqu’à nos jours. Son ouvrage portant le titre De la Vivification des sciences religieuses reste une référence dans le monde arabo-musulman. Al Ghazali a su dépasser le clivage qui endeuillait les partisans d’un islam rigoriste et très conservateur, croyant et appliquant à la lettre les préceptes et principes de l’orthodoxie musulmane, et ceux des « libertins » qui prenaient une certaine distance avec l’orthodoxie traditionnelle et la jurisprudence classique. Pour certains penseurs, la forme de mysticisme incarnée par l’Islam connue sous le nom de « Soufisme » serait la résultante d’une réaction viscérale contre la domination dogmatique et autoritaire des théologiens orthodoxes musulmans. Il s’agirait d’une réaction naturelle et instinctive de l’âme face à la soumission aveugle que lui imposerait les préceptes dogmatiques qui passent pour étouffer l’âme et de fait l’empêchant de s’épanouir et d’atteindre la communion avec le Divin. Al Ghazali entreprit de structurer la pensée mystique notamment sous l’angle de l’Islam et rendre la vie ou le vécu mystique plus intelligible à la raison humaine. Un certain nombre de penseurs ont emboité le pas au mystique musulman qu’était l’Imam Al Ghazali allant jusqu’à remettre en question certaines doctrines islamiques tenues pour faits acquis par les générations antérieures de musulmans. C’est le cas entre autres de certaines confréries musulmanes d’Afrique notamment de l’ouest et du nord. Pour le mystique Amadou Hampaté Ba, « Il n’y a qu’un seul sommet en haut de la montagne mais les chemins pour y parvenir peuvent être variés ».De cette citation métaphorique, on peut retenir que pour son auteur le cheminement spirituel mystique pousse à reconnaître que la seule voie telle que prônée par l’orthodoxie classique à elle seule ne peut rendre compte de la vie spirituelle en communion avec Dieu. Il existe d’autres voies et moyens autres que enseigner par l’orthodoxie classique susceptibles de rapprocher l’Homme de son Créateur Suprême dans la communion totale. Et le soufisme à ce titre est l’un des moyens possibles parmi tant d’autres. Toutefois, certaines confréries soufies ou mystiques musulmanes s’efforcent de suivre les deux voies :La voie tracée par le coran et la tradition prophétique et celle entreprise par les mystiques musulmans en veillant à ne pas aller au-delà des injonctions du Coran. Les Mourides et certains Tidjanis rechercheraient cette synthèse de l’orthodoxie et du Soufisme incarné par leur Maitre Spirituel respectif. L’Europe n’a pas été en reste de tout ce mouvement philosophique et mystique. Certains mystiques et non les moindres tels que Blaise Pascal, J.Boehme ont eu à fréquenter ce même courant. Les recueils éparses du savant Blaise Pascal, à une époque ou la religion cédait du terrain à la rationalité ou au rationalisme et durant laquelle la main mise de l’autorité de l’Église catholique romaine était toujours tenace sur le culte public et enfin à une époque ou les lueurs d’une ère des Lumières se voyaient à l’horizon, faisant état d’expériences mystiques qu’auraient connues et vécues le penseur français et transcrites sinon perceptibles dans ces ouvrages tels que les Pensées ,cela constituait une étape cruciale dans la philosophie pascalienne. On pense même que la vie mystique et ses pensées ou prises de position par rapport au milieu mondain qu’il observait amena Pascal à remettre en question bien de préjugés qu’il se faisait des « vanités » de l’existence humaine. Le Mysticisme de Pascal a considérablement influencé le milieu surtout les dernières années couronnant le 17eme siècle. Il a contribué à enlever le goût à l’existence et à la jouissance de la vie mondaine et à pousser les quelques Religieuses récalcitrantes vers le Couvent pour le restant des jours. Contrairement aux pensées mystiques de Pascal, le Soufisme rechercherait plutôt l’harmonie entre l’Homme et le Divin. Il reconnaît volontiers les imperfections et les défauts de l’humain mais l’appelle à faire oeuvre pie et à s’élever par la méditation vers le Divin. Le mysticisme musulman ne pousse point à perdre foi en l’Homme encore moins à négliger la vie mondaine au travers de laquelle il lui arrive de prendre contact avec la réalité notamment dans le cadre de sa vie professionnelle comme le croiraient certains orientalistes. De l’autre coté de l’océan atlantique, en Amérique, un courant de pensée similaire à celui du mysticisme a lui aussi vu le jour. Il fut incarné par des penseurs émérites notamment Ralph Waldo Emerson. Le Transcendantalisme est une approche philosophique qui (se) veut comme l’indique son nom privilégier un rapport intime entre l’humain et les forces transcendantales notamment la « Nature ».La puissance transcendantale n’est pas une entité religieuse au sens de révélation d’un Dieu,mais il s’agit d’une entité spirituelle aux pouvoirs supérieurs,omnipotents souvent identifiée sous le couvert inapproprié de « Nature » avec qui le philosophe aspire à communier. Il s’agit plus d’une forme de spiritualisme ou de naturalisme aux relents spirituels. S’il existe une panoplie de formes de mysticisme d’orient, d’occident ou d’Afrique,il reste qu’un certain nombre de traits paraissent être commun entre le mystique oriental, occidental ou africain. Le Mystique et l’Allégorie du « Cordon Ombilical » Une anecdote utile pourrait aider à comprendre la notion du Mystique. Un jour de printemps, une visite m’est venue. C’était une amie sincère à travers qui des conversations parfois fort utiles mais aussi de peu d’importances se déroulaient. De nos multiples conversations régulières, la question du mystique fit ressortir. Elle disait entendre partout le terme mystique mais ignorait complètement de quoi il retournait véritablement. Aussi bien que profane,humble, voici une tentative de réponses avancées auxquelles elle était invitée à y prêter toute l’attention nécessaire. « Le Mystique ? Qui sait ? Difficile de répondre à cette question. Ce serait comme si l’on demandait qu’est ce un philosophe d’autant plus qu’il y a autant de philosophes que de philosophies. Pas plus qu’il n’y a une seule philosophie, il ne saurait y avoir un seul philosophe ou une définition unique de la philosophie. A titre indicatif, on dira que la vie du mystique est telle un être vivant d’avec son écosystème. Sa vie est inséparable de son vécu. Pour le mystique, chaque instant, chaque moment partagé dans la communion passe pour un délice. Le mystique voue un amour indéfectible pour son Amant qui n’est d’autre que l’ « Objet » de sa tendresse. L’ « Amant » du mystique, c’est « Dieu » ou la « Nature » selon qu’on est croyant ou pas. Le mystique recherche toujours l’intimité du Divin. Il cherche toujours dans son comportement, ses actions, son vécu à se rapprocher du Divin. Il n’a d’yeux que pour Dieu ou pour l « Objet » de sa tendresse. Les choses mondaines semblent peu l’influencer. Et souvent, il devient ermite errant par ci par là à la recherche d’un tel Amant qu’il a besoin cruellement. Il ne voit le refuge et le repos et la paix en lui-même qu’en son sein, au sein du Divin lorsque à deux ils demeurent dans la communion la plus parfaite qui soit. Si la recherche de la Vérité est le viatique du philosophe, l’Amour de la Sagesse pour ainsi dire, eh bien le viatique du Mystique est l’amour du Divin. Pour le mystique, Aimer et Connaître le Divin vont de pair. Même si parfois pour le philosophe, il faudrait connaître avant d’aimer. » Voici la réponse avancée pour faire comprendre la notion de « Mystique » si l’on peut qualifier « Mystique » sous une approche de « Notion ».cela dit, cette définition du mystique n’est que relative. Pour bien de mystiques, la vie mystique, le vécu mystique, le Mystique tout court va de pair avec le sacrifice de soi, de ses plaisirs égoïstes et égocentriques et de la maitrise des passions de l’âme. L’Imam Abu Hamid al Ghazali défendait une telle idée lui qui enjoignait son interlocuteur, son lecteur, le profane à faire sacrifice de son âme comme il le dit si bien en ses propres termes « Sacrifies ton âme car l’essence (du mysticisme) est dans le sacrifice ». Et comme la vie mystique va de pair avec la retenue, mieux, la maitrise des bassesses de l’âme, il affirmera plus tard ceci interpellant son lecteur profane « Si tu n’humilies pas ton âme par une lutte sincère contre ses désirs et ses caprices,tu n’illumineras pas ton cœur par la connaissance. » La condition si ne quo non pour le mystique d’atteindre la sagesse mystique serait de « sublimer » ses passions, les envies,les besoins, les pulsions souvent irrépressibles de son âme, de l’instinct pour parvenir à l’ « extase mystique »,l’illumination. L’on ne serait atteindre donc le Divin sans se défaire de ses prétentions, de ses « vanités », de sa posture intellectuelle qui tend à obstruer la voie qui éclaire et tend à renfermer l’esprit et l’âme dans la dimension terrestre enlevant du coup toute possibilité à l’esprit ou l’âme de s’élargir, de s’épanouir, de s’illuminer. Et cette position semble bien justifier si l’on s’en tient à la Critique d’Emmanuel Kant notamment sa critique de la Raison Pure. Pour Kant, la Raison a des limites intrinsèques. La pensée rationnelle ou rationaliste a des limites qui une fois franchies déboucherait sur l’absurde,le dé-raisonnement. Kant par son idéologie de Kantisme semble bien avoir circonscrite la pensée lui enlevant toute prétention de démontrer par l’esprit critique la Vérité Métaphysique. Et raison pour laquelle, le Mystique africain Hampaté Ba soutenait la chose suivante « Dieu est toujours au-delà de toute définition formelle. C’est pourquoi nous sommes plus près de lui quand notre pensée se tait. Dieu ne se pense pas,il se vit ». Le « cordon ombilical »,l’image ou l’allégorie qu’il incarne s’invite que quand se lie le Mystique au Divin. Il apparaît ou voit le jour que lorsque la pensée se tait et du moment que, la conversation, la parole s’entretient en harmonie et en communion avec Dieu,le Divin, uniquement ou la Nature selon. Couper le cordon, c’est rompre avec le Divin. Et rompre avec le Divin ou Dieu pour le mystique,c’est décider d’aller à l’encontre de la volonté de Dieu. Et le poète français Malherbe ne trouverait de salut pour l’âme en cela lui qui confiait que « Vouloir ce que Dieu veut est la seule science qui nous met en repos. ». Après ces courants de pensée combien séculaires, l’histoire contemporaine a vu l’apparition de nouvelles approches philosophiques. Il s’agit de la philosophie existentialiste incarnée entre autre par Jean Paul Sartre-en France notamment-pour qui « l’existence précède l’essence »,Gabriel Marcel (existentialiste chrétien) pour qui l’existentialisme passe aussi pour humanisme dans une certaine optique , le structuralisme par Claude Levis Strauss, la philosophie du courant de pensées qui a suivi Mai 68 ou durant la même période incarnés par Deleuze, Derrida, Foucoult (Michel) en plus des approches nouvelles de la psychanalyse et de la psychiatrie moderne. De toute ces pensées modernes ou approches novatrices, rien ne saurait dissuader le véritable mystique de son cheminement spirituel ou de son chemin car pour lui tout se résume à la citation du penseur et mystique Allemand J.Boehme « Notre voir et notre savoir sont en Dieu ». Cela dit, nous avions survolé une partie du sujet sur les courants de pensée. Cette thématique rejoint dans une certaine mesure celle aussi de l’histoire de la philosophie et de ses rapports avec la science notamment moderne ou postmoderne. Il faut dire que la notion de dualité qui a jalonné la réflexion philosophique Pensée-étendue,corps-esprit,matière-vivant etc même si elle porte en elle une certaine ambivalence traduise, n est-ce pas la dynamique même de la pensée philosophique. Elle permet par l’opération de synthèse justement qui permet une certaine ouverture par rapport à la problématique et permet d’aller au delà de celle ci et aborder un aspect plus pertinent du problème. La notion de synthèse passe pour depasser la portée spécifique du sujet à traiter. Même si la dialectique a ses limites, il n’empêche qu’elle permet une certaine appréciation notamment critique et permettant par là une synthèse plausible des faits. Pour ce qui est du devenir de la philosophie, son histoire nous enseigne et cela ne date pas seulement des philosophies socratiques ou post-socratiques qu’elle a toujours été jalonnée par quatre courants principaux de pensée:L’idéalisme,le matérialisme,le scepticisme, et ce que certains nomment le mysticisme. Toute la « phénoménologie » de la pensée humaine se situe dans ce cadre .L’Esprit humain a très souvent sinon toujours référé à l’un ou l’autre de ses courants pour mener sa réflexion critique, basée sur les fondements, des présupposés, des axiomes, des vérités non prouvées passant pour universelles .Comme l’on dit souvent, il faut bien partir d’une supposition logique et raisonnable pour jeter les bases d’une réflexion nourrie même si celle-ci passe pour être admise. Autrement, c’est un enchainement sans fin de causalité, de cause,principe, conséquence à l’infini. Il est de forte chance que l esprit humain soit circonscrit à ces différents courants de pensée. Les nouveaux concepts philosophiques ou jugés comme tels ne semblent rien décrire de nouveau. Ils ne font qu’interpréter l’impression de réalité, ils ne font qu’une épistémologie critique des sciences et de la philosophie. La science semble bien prolonger de nos jours la réflexion philosophique. Bien sur face à de nouvelles réalités comme celles du monde quantique, il faille inventer des termes, des notions, des paradigmes des principes,des concepts nouveaux voire un nouveau jargon philosophique mais en grande partie, tout ceci est attrait à la dimension philosophique par leurs versants abstraits. La philosophie ne prétend pas apporter une vision fidèle de la réalité, elle l’interprète. Elle a aussi ses limites apparemment tout comme la raison . La notion de perception, les nouvelles théories des cordes multiples qui découlent de la physique quantique dépassent largement le cadre de la relativité restreinte. Elles débouchent sur ce qu’on oserait appeler « l’illusion du vrai ».Non seulement leur interprétation déborde la réflexion philosophique ou se limite à peine a l’entendement, mais elle dépasse la notion de ce qui nous semble être « réel » et une interprétation par notre cerveau de ce réel, la perception. Elle paraît être la victoire apparente de l’imagination sur l’esprit philosophique tant ses ambitions sont divines puisqu’elles prétendent à une théorie finie de la nature. La théorie dite « du Tout »,but ultime apparemment des sciences notamment de la matière et du végétal. Il n’est pas un secret pour ce qui s’y connaissent que la science a,semble-t-il,toujours cherché à connaître une théorie unifiée des lois fondamentales de la nature. D’ailleurs, Ralph Waldo Emerson, ne disait il pas, que « all sciences have one aim, namely, to find a theory of nature ».Pour l’astrophysicien Stephen Hawking: « [...]L’ultime but de la science est de fournir une théorie unique qui décrive l’univers dans son ensemble. [...] [...] je pense qu’il y a de bonnes chances pour que l’étude de l’univers primitif et les exigences de la logique mathématique nous amène à une théorie complètement unifiée durant la vie de certains de ceux qui nous entourent aujourd’hui, [...] Cité dans: Jaffelin, Jacques, Le promeneur d’Einstein Dès débuts de la philosophie, aux théories de l’alchimie,jusqu’à la théorie des multiples cordes ou cordes multiples en astrophysique, il n’est pas rare de constater de telle observation. Mais parfois,il faut savoir se rendre aussi à l’évidence. Il y a loin de la coupe aux lèvres. De telle ambition de la science passe pour démesurée,exagérée voire insensée. Les structuralistes,et certains penseurs précurseurs du mouvement de la « Déconstruction », ont apporté une vision pertinente de l’impact des superstructures sur notre perception de la réalité,de ce qui est, ainsi que du réel. On peut éventuellement se référer à l’ouvrage intitulé « Le Bégaiement des Maitres » du philosophe Dany Robert Dufour, ouvrage qui souligne les limites mieux les insuffisances de la pensée de Lacan,Levis Strauss voire Deleuze, Foucould. Il y a lieu d’élargir le cadre de la philosophie, de dépasser la dialectique « réductrice » et d’appréhender de nouvelles réalités par la pensée. Et ceci passe par l’acception d’une nouvelle règle de logique différente de celle d Aristote ou de celle Boole. Nous devrions jeter les fondements d’une perspective nouvelle de la compréhension,de l’intelligibilité, l’appréciation des pensées,des paradigmes d’autres cultures ou civilisations ce qui supposent la remise en cause de certaines réalités baisées et de méthodologies et la nécessité d’approches critiques,novatrices, et la base de logiques nouvelles
